VALAIS

Du tourisme, du vin et des jeux: la sainte trinité du marketing selon Dominique Giroud

L'encaveur de Chamoson, connu également comme activiste ultra-catholique, s'explique sur sa décision de sponsoriser le FC Sion

«Qu'est-ce qui peut susciter à Bâle, Berne ou Zurich un capital de sympathie pour le Valais? le tourisme, le vin et le FC Sion.» C'est confiant en cette sainte trinité du marketing que le propriétaire encaveur de Chamoson Dominique Giroud, connu également comme un des leaders des milieux conservateurs et ultra-catholiques, a décidé de devenir le sponsor principal du club de football valaisan. Homme affable, jovial même dans les contacts, Dominique Giroud, lorsque ses convictions sont en jeu, n'hésite pas à agir clandestinement et à utiliser la grosse artillerie. Il a été condamné, symboliquement, par un tribunal dans l'affaire des affiches montrant trois portraits de politiciennes valaisannes favorables au régime dit du délai en matière d'avortement avec un fœtus sanguinolent et cette inscription: «Chaque civilisation a l'ordure qu'elle mérite.» Avant de créer à nouveau une polémique nationale en prenant la tête du mouvement de protestation contre la tenue d'une gay pride à Sion, sous le slogan «Tantes à Sion, tentation diabolique».

Aujourd'hui, Dominique Giroud fait à nouveau parler de lui, mais dans une logique qu'il veut cette fois strictement commerciale: «J'ai décidé de développer mon entreprise, de communiquer, de me faire connaître. Aujourd'hui, je lie le vin et le foot. Et, ensuite, ce sera le vin et le tourisme, je prépare un projet dans ce sens.» Le président du FC Sion, Christian Constantin, qui annonce avoir récolté 1 million de francs de sponsoring (LT du 9.2.2004), aura joué un grand rôle dans la décision de Dominique Giroud: «Je ne le connais pas depuis longtemps, mais je m'entends très bien avec lui, je partage sa vision d'un Valais dynamique, qui se bouge. C'est une forte personnalité, et nous n'en avons pas tellement dans le canton: Couchepin, Gianadda et… Constantin.»

Faire de la qualité

L'image d'affairiste pas toujours transparent que véhicule l'architecte martignerain et les solides ardoises qu'il a laissées lors de son premier passage à la tête du club n'inquiètent guère Dominique Giroud: «On se focalise sur le négatif en oubliant les succès de Constantin qui avait amené le club à un niveau jamais atteint. Et puis l'image change avec le succès.» Pour les détails, il faudrait repasser, notamment sur les moyens de son entreprise et sur la somme payée pour avoir son nom sur les maillots du FC Sion: «Je ne vous demande pas votre salaire, moi… Disons que nous sommes une petite entreprise qui a pour but de produire du bon, du grand vin, de faire de la qualité.» Tout juste saura-t-on que, pour le premier match du club à domicile, une dizaine de joueurs de cor des Alpes marqueront avant le coup d'envoi et à la mi-temps la venue des nouveaux bienfaiteurs. Curieusement, les successeurs de Christian Constantin à la tête du club – Gilbert Kadji puis Jean-Daniel Bianchi – n'avaient pas réussi à récolter le moindre fifrelin. Dominique Giroud, qui se dit grand amateur de foot et ne pas hésiter à se rendre à Turin pour voir jouer la Juve, reconnaît s'être «désintéressé un peu du FC Sion ces dernières années» et que c'est bien Christian Constantin qui a ranimé la flamme: «Il a un projet pour le canton, nous ne sommes plus dans la situation où gravitaient autour du club des gens surtout intéressés à spéculer. Et puis je me suis dit que ce n'était pas un signe de dynamisme qu'il y ait des publicités étrangères sur les maillots d'un club qui représente toute la région.» Enfin, ce proche d'Ecône affirme «n'avoir jamais parlé de religion avec Constantin, sauf ces derniers jours: on s'est dit qu'on venait de créer un cocktail qui ne manquerait pas de faire courir la presse.» Il semblerait, en effet.

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