L'unité dans la tempête. C'est ainsi que le bateau PLR a tenté de naviguer, jeudi soir à Genève, lors de l'assemblée générale des délégués chargée de désigner ses candidats au Conseil national et au Conseil des Etats pour les élections 2019. Avec la présence de Pierre Maudet, discret, qui s'est éclipsé en milieu de séance pour rejoindre Appenzell. Attendu, il ne s'est pas exprimé. «L'affaire» n'était pas à l'ordre du jour.

«Dans le calme réside la force, comme le disait notre ancien président, Fulvio Pelli. Ce soir, c'est vers Berne que nos yeux doivent se tourner», a résumé la vice-présidente Francine de Planta, devant près de 180 délégués. Lesquels ont donc décidé, après quelque débat, de porter une liste restreinte de six personnes à la Chambre basse sur les dix candidats proposés par le parti, qui détient trois sièges et en ambitionne quatre. Et ce pour pour éviter d'offrir des voix à la concurrence. Ils n'ont pas écouté l'avis de Claude Haegi, ancien conseiller administratif de la Ville et ancien conseiller d'Etat: «Ce n'est pas le moment d'éliminer quatre personnes si on veut rassembler. Ce soir, on doit avoir un élan et laisser de côté les petits calculs.»

Sanction jugée injuste pour Alexandre de Senarclens

Après un vote à bulletins secrets, ont été élus, dans cet ordre, Simone de Montmollin, députée au Grand Conseil, le sortant Christian Lüscher, Sophie Dubuis, présidente des femmes PLR et présidente de la Fédération du commerce genevois, Murat Alder, député au Grand Conseil, Cyril Aellen, chef de groupe au Grand Conseil et le sortant Benoît Genecand. Surprise: le président du parti cantonal, Alexandre de Senarclens, n'a pas passé la rampe. Comme les députés Pierre Conne, Rolin Wavre et Frédéric Luyet. 

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Jamais ou presque autant de journalistes ne s'étaient pressés à une assemblée générale du parti bourgeois. C'est que «l'affaire Maudet» et ses ramifications secoue le PLR, faisant craindre la résurgence d'une fracture entre radicaux et libéraux qui aurait pu s'exprimer dans les votes. La sanction radicale ne s'est pas fait attendre, et le libéral Alexandre de Senarclens en a sans doute fait les frais. Faisant mentir Jacques-Simon Eggli qui, un peu plus tôt, assénait avec conviction: «Les origines, naturelles ou par mère porteuse, je m'en fous. Nous ne sommes qu'un seul parti, le PLR!» Si ce ténor est le seul à avoir pris la parole, après le vote, pour saluer le président et adoucir sa défaite, plusieurs députés avouent que la gifle est injuste: «Après tout ce qu'il a fait ces derniers mois, cette sanction n'est pas correcte, exprime un élu, à chaud, après la séance. Parce qu'il a fait tout juste. Je pense que c'est l'esprit de corps des radicaux qui s'est exprimé à son encontre.» Si le libéral a été sanctionné, il se peut aussi que ses prises de position dans l'affaire Maudet lui aient valu cette éviction: «Il paie son exposition des derniers mois, estime Benoît Genecand. C'est triste et immérité, car il a fait un travail remarquable, et voilà sa récompense.» Un Benoît Genecand qui a vu passer lui aussi le vent du boulet, étant le moins moins bien élu des six. Il faut dire qu'avec son côté dandy ultra libéral aux positions parfois UDC compatibles, il crispe un certain nombre de membres.

Les délégués ont fait la part belle aux femmes, même si l'assemblée a rejeté l'idée d'un quota à une écrasante majorité, femme comprises. «Je déteste les quotas et j'aurais refusé de figurer sur une liste de quotas, déclare Fabienne Monbaron, députée au Grand Conseil. Que ceux qui y tiennent aillent dans les partis de gauche.» Le député Yvan Zweifel, lui, donne à entendre un autre argument: «La première valeur de notre parti, c'est la liberté. Nous imposer des quotas, c'est réduire celle-ci.»

Pour le Conseil des Etats, les délégués ont adoubé Hugues Hiltpold, seul candidat.