La police municipale de Zurich vient d'interdire ce que la Ville de Morges a permis le week-end dernier. Le salon Extasia, qui se tient depuis vendredi sur les bords de la Limmat, a dû limiter la participation active des visiteurs aux réjouissances.

La décision zurichoise intervient en pleine affaire du viol collectif d'une fillette de 13 ans par une bande d'adolescents. Le salon érotique a d'ailleurs lieu à quelques centaines de mètres du lieu du drame, l'école située dans le quartier de Seebach. Cette double proximité aurait poussé la police à intervenir, selon les informations publiées par la presse alémanique.

Pourparlers

Vendredi, les organisateurs d'Extasia étaient encore en pourparlers avec la police pour trouver un compromis. «Nous proposons que le tournage se fasse sans public et que le film soit projeté en direct sur grand écran», indique Arnold Meyer, organisateur. Et de regretter que la police ait pris cette décision sur pression de la presse locale.

Que pense la Ville de Morges de la décision zurichoise? Le syndic, Eric Voruz, réagit positivement à l'interdiction. Il assure qu'il n'avait pas été mis au courant par les organisateurs qu'un film serait tourné sur place. «Ils étaient venus me trouver en disant que ce serait une exposition de lingerie et de gadgets. On savait qu'il y aurait des films projetés et des cassettes, mais pas qu'ils tourneraient un show érotique en direct. C'est une chose que l'on pourrait interdire pour l'année prochaine, si Extasia demande à revenir. Nous ferons plus attention et nous discuterons autour d'une table ronde qui réunira les autorités morgiennes et leurs partenaires, explique-t-il. C'est-à-dire les Eglises, les parents d'élèves, les centres de jeunes et les services de protection de la jeunesse.»

La police zurichoise se base sur les dispositions du Code pénal pour prendre sa décision, selon la presse alémanique. Claude Wyss-Brunner, porte-parole de la police cantonale vaudoise, assure qu'à Morges, «tout s'est déroulé dans les règles de l'art». «Ce tournage était protégé par des palissades et l'entrée était surveillée par deux agents de sécurité», explique-t-elle. Les autorités morgiennes, la police et un juge d'instruction avaient pris les dispositions pour que tout se passe bien. «Selon le Code pénal, l'exhibitionnisme se poursuit d'office s'il est pratiqué devant des personnes de moins de 16 ans, ajoute-t-elle. Et, dans ce salon, les gens avaient plus de 16 ans et savaient à quoi s'attendre.» La police a fait des rondes durant le salon et n'a constaté aucune infraction aux règles légales.

En 2005, le salon avait été accueilli par Geneva-Palexpo. Son porte-parole, René Lambelet, explique qu'Extasia a peu de chances de revenir à Cointrin: «Avec l'expérience que nous avons l'an dernier, ce n'est pas forcément ce que nous avons envie d'avoir à Palexpo.»