On votera bel et bien le 21 mai 2017 sur la Stratégie énergétique 2050 (SE 2050). Le Conseil fédéral avait fixé cette date provisoirement mercredi, sous réserve de l’aboutissement du référendum lancé par l’UDC. Après avoir soufflé le chaud et le froid durant tout l’hiver, le président du parti, Albert Rösti, a levé le voile jeudi: plus de 60 000 signatures ont été récoltées, de sorte que le seuil des 50 000 validées sera bel et bien franchi d’ici au délai fixé au 19 janvier.

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A vrai dire, personne ne doutait sérieusement de cette issue. Certes, Albert Rösti a laissé entendre que la récolte des signatures était difficile durant les fêtes de fin d’année. Mais il y avait une part de bluff, et l’échec du référendum aurait été une énorme surprise. Il faut dire que l’UDC n’y va pas de main morte, annonçant une facture totale de 200 milliards de francs, soit 3200 francs par ménage.

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L’effet d’une hypothétique deuxième étape

Ce calcul a le don d’irriter le président de la Commission de l’énergie du Conseil national, Stefan Müller-Altermatt (PDC/SO). Car il inclut la réforme SE 2050, mais aussi une hypothétique deuxième étape mise en route à l’époque par Eveline Widmer-Schlumpf, nommée Système incitatif en matière climatique et énergétique (SISE).

Or c’est cette seconde étape qui pourrait renchérir fortement l’électricité, le mazout, le gaz et les carburants. Mais elle est en panne devant la commission depuis le printemps 2016. «Et elle me paraît mort-née, elle n’a aucune chance de passer la rampe, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le comité référendaire», commente Stefan Müller-Altermatt.

De gros lobbies soutiennent le référendum

Qu’elle soit finalement la seule ou non, on votera sur la première étape le 21 mai – au reste, ce sera le seul objet proposé. Le référendum est notamment soutenu par l’Association des transporteurs routiers (Astag), l’ACS, Auto-Suisse, GastroSuisse, Swissmem, Swiss Plastics, Swissoil, Swissmechanic et les Jeunes libéraux-radicaux. Jusqu’à maintenant, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) s’est tenue à l’écart du camp référendaire. Mais la Chambre des arts et métiers se déterminera de nouveau à fin janvier, selon son porte-parole Bernhard Salzmann. Le PLR ne soutient pas non plus le référendum, mais plusieurs de ses membres y sont favorables. Les délégués du parti fixeront leur position le 4 mars.

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