Pour tenter de résoudre la crise qui mine les Transports publics genevois (TPG) depuis plusieurs mois, le conseil d'administration de la régie publique, qui présentait hier les conclusions du rapport mené par l'ex-conseiller d'Etat bernois Mario Annoni sur les affaires qui ont secoué les TPG (LT du 30.11.2007), a annoncé hier à la presse qu'il envisageait de se séparer du directeur d'exploitation Daniel Eléouet, suspendu de ses fonctions depuis six mois.

«Nous ne pensons pas que Daniel Eléouet puisse réintégrer l'entreprise», explique, mal à l'aise, Patrice Plojoux, le président du conseil d'administration des TPG. Toutefois, le directeur d'exploitation, dont la suspension reste effective, sera encore entendu le 17 décembre par le conseil d'administration.

Pour la forme? Patrice Plojoux s'explique: «Nous envisageons de mettre fin aux rapports de travail avec Daniel Eléouet dans le strict respect des dispositions légales et notamment en garantissant le droit de ce dernier d'être entendu par le conseil d'administration.» Il devrait être licencié dans la foulée. «Tout en respectant le délai légal de trois mois», souligne encore Patrice Plojoux.

Pourquoi prendre tant de précautions pour annoncer un licenciement? «Parce que le rapport de Mario Annoni n'est pas une enquête disciplinaire, mais un audit», souligne Patrice Plojoux. Si le rapport divulgué officiellement hier par Mario Annoni est accablant pour le directeur d'exploitation, il a comme fonction d'éclairer le conseil d'administration sur les dysfonctionnements internes.

Au sujet du licenciement de l'ex-directrice générale, Stéphanie Fontugne - dont les compétences n'ont pas été remises en cause par le rapport Annoni -, le président du conseil d'administration dit avoir la conscience tranquille. «Nous avons agi dans l'intérêt de l'entreprise.»

Quel salaire pour le nouveau directeur?

Décapitée depuis cinq mois, la régie de transports attend toujours la nomination d'un nouveau directeur général. «Mais avant de mettre le poste au concours, nous avons demandé mi-novembre au Conseil d'Etat quel pourra être le niveau du salaire du futur patron», raconte le président du conseil d'administration des TPG. «L'exécutif n'a pas encore donné sa réponse.» Ce qui n'a pourtant pas empêché le président du conseil d'administration d'augmenter le directeur général ad interim depuis juillet.

Une septantaine de chauffeurs embauchés

La direction des Transports publics genevois a également fait part hier de sa volonté d'apporter une solution rapide au sous-effectif chronique de chauffeurs qui touche la régie. Roland Bonzon, directeur général ad interim, entend ainsi désamorcer le conflit qui oppose les TPG aux syndicats. Ceux-ci ont en effet menacé de débrayer si le manque d'effectifs de personnels roulants n'est pas réglé.

«L'engagement de nouveaux collaborateurs ne sera pas suffisant, admet le directeur ad interim. Nous demandons aux syndicats un peu de compréhension: il nous faut du temps pour former les nouveaux chauffeurs.» D'ici à mai 2008, une septantaine de chauffeurs seront donc embauchés.

Les employés de la régie se réunissent, eux, mardi en assemblée générale pour décider d'éventuelles mesures.