Ils n'avaient guère d'autre choix que de faire preuve de transparence. Les Transports publics genevois se sont donc exécutés: ils ont révélé mercredi le salaire de leur nouveau directeur, Roland Bonzon, âgé de 54ans. Cet ancien responsable des ressources humaines, qui assurait l'intérim à la direction de l'entreprise depuis neuf mois, gagnera au maximum 294 875 francs.

Pour livrer l'information, l'entreprise publique a attendu que la nomination de son nouveau patron, décidée lundi (LT du 29.04.2008), soit confirmée par le Conseil d'Etat. Pour satisfaire aux exigences de transparence notifiées en février dernier par la Cour des comptes à l'ensemble des régies publiques du canton, elle a ensuite publié un communiqué indiquant le détail de la rémunération de Roland Bonzon. Celle-ci est constituée d'une part fixe de 267 015 francs, et d'un bonus qui peut, au maximum, atteindre 27 860 francs, versé «en fonction de la performance et des objectifs atteints.»

Premier constat, Roland Bonzon gagnera 45000 francs de moins que Stéphanie Fontugne, la précédente directrice. «Le candidat a fait une proposition de salaire qui a été admise, je ne crois pas que le gouvernement aurait été disposé à aller au-delà», explique Patrice Plojoux, le président du Conseil d'administration des TPG.

Limite autorisée dépassée

La somme dépasse pourtant le montant maximal des salaires autorisés à l'Etat, soit 240 000 francs, que les régies publiques sont tenues de respecter. «Le Conseil d'Etat nous a permis d'outrepasser cette limite, pour autant que cela soit justifié. Et sur le marché, pour un tel poste, les candidats demandent jusqu'à 450000 francs», souligne Patrice Plojoux.

Pour nommer leur nouveau directeur, les TPG ont fait appel aux services du cabinet de recrutement Alexander Hughes. Un mandat dont Patrice Plojoux ignore le coût: «Je n'ai pas encore reçu la facture de leurs honoraires.» Celle-ci devrait cependant osciller entre 80000 et 100000 francs. Une dépense parfaitement justifiée selon Patrice Plojoux: «Nous avons maintenant la certitude d'avoir choisi la bonne personne, cela nous aurait coûté beaucoup plus cher de nous tromper.» Concernant le retrait inattendu de la dernière candidate restée en lice face à Roland Bonzon, elle-même externe aux TPG, Patrice Plojoux se contente d'assurer que la procédure de sélection a été suivie rigoureusement.