Ces derniers jours, la clientèle des restaurants vaudois a dû se familiariser avec une nouvelle application: SocialPass. Le service, qui enregistre plus de 200 000 téléchargements, permet de tracer les cas de contamination dans les lieux publics alors que le pays affronte un regain de l’épidémie de coronavirus. La collecte des données personnelles suscite toutefois la méfiance. Pour dissiper cette inquiétude grandissante, le canton de Vaud a décidé de renforcer la procédure de contrôle. GastroVaud, qui a la responsabilité d’homologuer les outils numériques utilisés par les restaurateurs, devra désormais mandater un audit externe pour s’assurer de la bonne gestion des données personnelles.

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Cette mesure n’était pas envisagée par le Conseil d’Etat dans son communiqué du 8 octobre recommandant la mise en place d’un traçage numérique, plus fiable que la collecte manuscrite. «Nous avons toujours mis la question de la protection des données personnelles en première ligne mais ce n’était pas indiqué dans le cahier des charges. Cette exigence est désormais clairement spécifiée», confirme au Temps Andreane Jordan Meier, cheffe du Service de la promotion de l’économie et de l’innovation. «C’est rassurant qu’un audit soit finalement annoncé par les autorités», salue Robin Eymann, chargé de la politique économique à la Fédération romande des consommateurs. Le représentant n’est pas étranger à cette décision. Depuis plusieurs semaines, il demande au canton d’obtenir des garanties quant au respect de la vie privée des utilisateurs.

SocialPass, application développée par l’entreprise SwissHelios, sera examiné par des experts dans les prochains jours. Le mandataire reste à désigner. «Nous nous tenons à la disposition de GastroVaud pour partager une liste d’acteurs capables d’effectuer l’audit», précise Andreane Jordan Meier. La mise en place du dispositif de traçage s’est faite dans la douleur pour les tenanciers. Résultat: GastroVaud n’a choisi d’homologuer qu’une seule plateforme, SocialPass. Cette décision vise à ne pas complexifier davantage la procédure pour ses membres. Au risque de fermer la porte à des solutions concurrentes? «Rien n’empêche d’autres acteurs de proposer leurs services, s’ils respectent le cahier des charges de l’Etat de Vaud. GastroVaud n’en fera simplement pas la promotion», répond Gilles Meystre, président de l’organisation faîtière.