Le 18 février, deux patients de l’Hôpital cantonal genevois (HUG) ont présenté une grave réaction à la suite d’une transfusion de plaquettes provenant du même donneur. Tous deux ont dû être transférés aux soins intensifs. Un premier patient, quadragénaire, a pu être soigné et est aujourd’hui hors de danger. Le second, un enfant de quatre ans souffrant de leucémie, est décédé le 21 février. En accord avec les parents, les autorités hospitalières ont laissé les obsèques se dérouler lundi dernier avant de communiquer.

Telle est l’information que le directeur général des HUG, Bernard Gruson, a présenté aux médias mercredi. Invoquant à la fois le secret médical et le fait que l’affaire est désormais dans les mains de la justice, la hiérarchie de l’hôpital s’est refusée à toute précision supplémentaire. Le professeur Pierre Dayer, directeur médical des HUG, a toutefois assuré que les investigations menées immédiatement après le drame avaient exclu tout risque pour le donneur et pour les autres patients. «Les procédures ont été vérifiées et la sécurité transfusionnelle est garantie», a-t-il précisé.

Le risque le plus important lors de transfusion de plaquettes est liée à la présence possible de bactéries dans le don. Les contrôles très sévères qui sont opérés sur les donneurs ne parviennent pas à l’éliminer entièrement et on ne dispose pas aujourd’hui de méthode satisfaisante de détection a posteriori. Il s’agit toutefois d’un risque statistiquement peu important: un incident mortel, toutes causes confondues, survient dans un cas sur 50’000 environ. Lors d’une transfusion sanguine, la probabilité tombe à un cas sur 500’000.

Les autorités genevoises ne confirment ni n’infirment l’hypothèse selon laquelle l’accident qui a coûté la vie à un enfant serait de cette nature. Comme toujours lorsqu’un décès survenu à l’hôpital ne s’explique pas par l’affection dont souffrait la personne décédée, une enquête judiciaire a été ouverte, pour le moment sans viser expressément une négligence et, estime Pierre Dayer «nous devons désormais nous abstenir de nous prononcer sur ce cas». Swissmedic, l’organisme de contrôle des médicaments, également chargé de celui des produits sanguins, a été informé de l’incident.