«Bien spoliés - Biens pillés. Le transfert de biens culturels vers et par la Suisse 1933-1945 et la question de la restitution» (en allemand), d'Esther Tisa Francini, Anja Heuss, Georg Kreis. Problématique des «biens en fuite» (biens culturels transférés en Suisse par leurs propriétaires légitimes afin d'empêcher que les autorités national-socialistes ne s'en emparent) étudiée pour la première fois. Les musées ont généralement adopté une politique prudente lors de l'achat d'objets de provenance douteuse, alors que les collectionneurs privés ont fait preuve d'un sens critique moins développé. Une attention toute particulière est portée à la fiduciaire Fides, dont le rôle sur le marché de l'art n'avait jusqu'à présent jamais été examiné.

«Interhandel. La holding suisse de IG Farben et ses métamorphoses – une affaire traitant de propriété et d'intérêts (1910-1999)» (en allemand), de Mario König. Etude portant sur la fondation, le financement et l'évolution d'IG Chemie, qui acheta les filiales américaines d'IG Farben et changea de raison sociale à la fin de 1945 pour s'appeler Interhandel. Toutes les informations clés contenues dans le fameux rapport Rees (1946) sont résumées; l'étude rend caduques les raisons du secret dans lequel celui-ci est tenu.

«Clearing. Les opérations de paiement de la Suisse avec les puissances de l'Axe» (en allemand), de Stefan Frech. Etude portant sur les transactions financières – qui intervenaient selon une procédure de compensation régie par l'Etat (clearing) – avec l'Allemagne et l'Italie avant et pendant la guerre.

«Transit ferroviaire à travers la Suisse (1939-1945)», de Gilles Forster. L'étude révèle notamment que l'hypothèse de transports d'armes par la Suisse ne peut être totalement réfutée, en raison de la faiblesse des contrôles de trains.

«Electricité suisse et Troisième Reich», de Jean-Daniel Kleisl. L'auteur a choisi d'examiner un aspect peu connu des relations germano-suisses: le fait que, pendant la Guerre, les autorités allemandes aient considéré les importations d'électricité comme l'une des prestations les plus importantes que la Suisse leur ait fournies.

«Affaires et travaux forcés: entreprises industrielles suisses sous le Troisième Reich», de Christian Ruch, Myriam Rais-Liechti, Roland Peter. Analyse notamment du rôle joué par Brown, Boveri & Cie, les filiales de Lonza et d'Aluminium-Industrie, les filiales des sociétés alimentaires et de produits de luxe Nestlé et Alimentana/Maggi. Ont soutenu le système national-socialiste, estimant que c'était leur devoir envers l'Etat, quel que soit son régime politique.

«Entreprises chimiques suisses sous le Troisième Reich» (en allemand), de Lukas Straumann, Daniel Wildmann. Attention portée sur quatre entreprises bâloises, seuls producteurs étrangers de colorants et de produits pharmaceutiques actifs entre 1933 et 1945 dans l'Allemagne national-socialiste: Geigy, Ciba, Roche et Sandoz. En 1934, Geigy avait présenté au NSDAP une déclaration formelle concernant l'origine «aryenne» de ses actionnaires afin d'obtenir un titre de légitimation pour la livraison de colorants destinés au parti et aux autorités.

«Politique des réfugiés et politique d'économie extérieure de la Suisse dans le contexte de la discussion politique publique» (en allemand), de Kurt Imhof, Patrick Ettinger, Boris Boller. En étudiant la place accordée par certains médias aux réfugiés et à la politique économique extérieure entre 1938 et 1947, les auteurs (Université de Zurich) démontrent le peu d'intérêt que ces thèmes suscitaient à l'époque.

Les résumés complets des études peuvent être consultés sur le site: www.uek.ch. Pour la commande, s'adresser directement à Chronos (Editions Payot).