L’Arc jurassien franco-suisse, de Belfort à Vallorbe et de Besançon à Neuchâtel, souffre de liaisons ferroviaires et routières mal coordonnées et insuffisantes. La Conférence transjurassienne (CTJ) dresse ce constat dans un outil présenté jeudi à Yverdon par le président vaudois Pascal Broulis et la présidente de la Région Franche-Comté, Marie-Guite Dufay.

La CTJ ne s’en tient pas au diagnostic, mais présente des projets routiers et ferroviaires visant, par dessus la frontière, à relier entre eux les pôles urbains et les gares du tout nouveau TGV Rhin-Rhône. La branche est, mise en service le 11 décembre prochain, reliera la périphérie de Mulhouse à Dijon, en passant par Belfort-Montbéliard et Besançon, en longeant la frontière suisse.

La CTJ émet ainsi un catalogue de projets, certains étant en cours. En première position, la remise en service de la ligne ferroviaire entre Delle et Belfort, maillon manquant entre la ligne Bienne-Delémont-Porrentruy et la gare TGV proche de Belfort. Le projet a longtemps buté sur son financement. Mais la semaine dernière lors de l’inauguration du TGV, le président Nicolas Sarkozy a fixé un but: le train roulera de nouveau entre Delle et Belfort en 2015. Il faut encore trouver entre 10 et 20 millions d’euros pour boucler le budget voisin de 100 millions.

Autre priorités: le Transrun entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, le renforcement de l’offre TGV Berne-Neuchâtel-Frasne-Paris et Lausanne-Frasne-Paris, un développement de la ligne La Chaux-de-Fonds-Besançon par Morteau et divers prolongements de lignes de bus, entre Vallorbe et Pontalier ou entre Porrentruy et Audincourt par Fahy.

Même si elle constitue un programme ambitieux, la vision de la CJT n’a rien d’illusoire. Le projet consiste «à exploiter au mieux le potentiel offert par les lignes existantes, sans nouvelles infrastructures lourdes », dit-elle. A la notoire exception du Transrun devant relier Neuchâtel à La Chaux-de-Fonds.

La CTJ s’intéresse aussi à la mobilité par la route, en demandant de renoncer à la mise à double voie des nouveaux axes, d’aménager les traversées de localités, d’améliorer le passage aux postes de douanes et d’encourager le covoiturage pour les frontaliers.

«Il appartient aux populations de s’approprier cette vision, d’en débattre et de faire pression pour que puissent se réaliser les améliorations souhaitées», affirme Pascal Broulis. Le programme de la CTJ n’émet pas d’échéance ni de chiffre sur les coûts des améliorations proposées. Du côté français, le représentant du préfet de Franche-Comté salue le travail et affirme que, jusqu’à Paris, on en tiendra compte. «Mais au vu du contexte budgétaire, il ne va pas pouvoir se concrétiser tout de suite.»