Malgré la grêle à Saxon la semaine passée, la récolte d’abricots valaisans s’annonce prometteuse. Les premiers fruits arriveront sur les étals dès lundi. Pour lutter contre la vente d’abricots prétendument valaisans le long des routes du canton, le gouvernement intensifie ses contrôles et ses exigences.

Afin de combattre la tromperie sur la provenance des abricots valaisans, le canton a pris cette année des mesures supplémentaires, a annoncé vendredi Jean-Michel Cina devant la presse réunie pour l’occasion au milieu d’un verger d’abricotiers.

Les contrôles inopinés des stands de vente le long des routes du canton seront renforcés. De plus, l’obligation de mentionner l’origine des fruits a été généralisée, y compris sur les emballages ouverts. Selon le conseiller d’Etat valaisan, «cette exigence va plus loin que le minimum légal».

Ces mesures concernent uniquement les points de vente au bord des routes valaisannes. «Nous n’avons pas d’emprise sur ce qui se passe dans les autres cantons. Ce sont les gouvernements et chimistes cantonaux respectifs qui doivent prendre les choses en main», a relevé le chef du Département valaisan de l’économie.

Des directives du Conseil d’Etat

Le Grand Conseil valaisan voulait interdire la vente d’abricots importés le long des routes du canton. Mais cela «n’est légalement pas possible», a précisé Jean-Michel Cina.

Le gouvernement étudiera toutefois la possibilité d’imposer aux points de vente situés sur des surfaces appartenant à l’Etat des exigences supplémentaires quant à l’indication de l’origine des produits. «Les conditions précises feront l’objet de directives du conseil d’Etat», a expliqué Jean-Michel Cina.

La marque Valais pour les meilleurs

Pour éviter d’être trompé, le consommateur peut se fier aux fruits estampillés marque Valais. Actuellement, 40% des abricots de premiers choix bénéficient du label qui prouve qu’ils respectent des critères qualitatifs supérieurs régulièrement contrôlés.

Le long des routes du canton, les stands de vente directe qui affichent un panonceau avec une charte éthique sont également fiables. «La charte a été mise en place il y a quatre ans environ. Une trentaine de points de vente l’ont signée sur quelque 160 que compte le canton» a précisé Ephrem Pannatier de l’Interprofession des fruits et légumes du Valais.

Les dégâts de la grêle

Un premier bilan des dégâts occasionnés par la grêle tombée le 8 juillet dernier dans la région de Saxon a également été présenté vendredi. Quelque 120 hectares de cultures d’abricotiers ont été très durement touchés, avec parfois jusqu’à 100% de perte.

Cela représente quelque deux millions de kilos d’abricots, soit 25% de la production valaisanne en 2013. Cette dernière est estimée à quelque 4500 tonnes, soit moins qu’en 2012 (5000 tonnes environ) mais comparable à 2010.

Certains abricots abîmés seront transformés en confiture, en jus ou en eau-de-vie. Les producteurs en appel aussi à la compréhension des consommateurs invités à accepter certaines imperfections qui n’altèrent en rien le goût du fruit.

Atténuer les pertes

Le manque à gagner dû à la grêle se chiffre à plusieurs millions de francs. A cela s’ajoutent les pertes de chiffres d’affaires pour le commerce intermédiaire et de détail.

«Différentes mesures ont été prises dans le cadre de la loi pour atténuer ces pertes économiques», a indiqué Jean-Michel Cina. Ainsi, les agriculteurs concernés pourront disposer de prêts sans intérêt, reporter des remboursements de prêts et disposer d’indemnités de chômage pour les employés avec des contrats indéterminés.