La crainte d’une pénurie de main-d’oeuvre spécialisée, dans des domaines technique et informatique par exemple, pousse les organisations professionnelles à multiplier les initiatives. Vendredi, l’Union patronale s’exprimera sur le sujet, en compagnie ensuite de Johann Schneider-Ammann. Ce mardi, c’est le syndicat Travail.suisse qui lance ses propositions. Dans ce contexte, il faut améliorer l’employabilité des travailleurs âgés, selon le syndicat. Celui-ci veut notamment que les personnes en réinsertion professionnelle puissent bénéficier d’un soutien matériel. Des interventions parlementaires seront déposées.

A première vue, la situation des travailleurs âgés en Suisse n’est pas dramatique: le taux d’occupation est élevé et le taux de chômage faible par rapport à la moyenne internationale, note Travail.Suisse dans un communiqué publié mardi.

Toutefois, en regardant dans le détail, on peut voir que presque 60% des chômeurs de plus de 55 ans sont plus d’un an sans travail, bien plus que la moyenne de la zone de l’OCDE. En plus, ce taux s’est massivement détérioré depuis 2002, passant de 40% à 60%.

Pour Jacques-André Maire, vice-président de Travail.Suisse et conseiller national (PS/NE), prendre des mesures pour éviter la déqualification des travailleurs d’un certain âge présentera des avantages aussi pour les entreprises. Ces dernières pourront mieux exploiter ce potentiel de main-d’oeuvre, qui est estimé actuellement par le Conseil fédéral à plus de 93 000 équivalents plein temps.

Travail.Suisse veut faire évoluer la Loi sur la formation professionnelle (LFPr). Le syndicat souhaite introduire l’orientation professionnelle et de carrière à la moitié de la vie comme critère de mise en place de l’article 5.2 de la LFPr dans l’ordonnance d’application.

Par ailleurs, d’après la loi, la Confédération doit faciliter la réinsertion professionnelle des personnes ayant temporairement réduit ou interrompu leur activité professionnelle. Pourtant, déplore Jacques-André Maire, ces personnes n’ont jusqu’ici jamais bénéficié d’un soutien matériel et plusieurs propositions parlementaires allant dans ce sens ont été refusées par le Conseil fédéral.

Selon le conseiller national, «il est temps que cela change et que ces personnes, essentiellement des femmes, puissent bénéficier d’aides spécifiques dans le cadre d’un concept global de réinsertion que la Confédération devrait élaborer». Il faut notamment favoriser, par des bourses de formation, l’acquisition par les plus de 40 ans de diplômes professionnels supérieurs (brevets et maîtrises).–

Dans les semaines à venir, plusieurs interventions parlementaires seront déposées pour que les besoins des travailleurs âgés soient mieux pris en compte et qu’ils puissent rester en emploi jusqu’à la retraite, a ajouté Jacques-André Maire.