Neuchâtel

«Les travaux d’évitement du Locle pourront démarrer en 2020, voire 2019»

Laurent Favre, conseiller d’Etat neuchâtelois, a effectué un important lobbying en faveur de la reprise de 370 km de routes cantonales par la Confédération et du nouveau financement de Forta, acceptés par le Conseil des Etats

Neuchâtel a peut-être été le canton le plus actif en coulisse pour faire transférer 370 kilomètres de routes cantonales à la Confédération et pour constituer le nouveau fonds routier Forta. Il est aussi le plus intéressé, puisque le transfert de la route H20 entre Neuchâtel et le Col des Roches permet d’entrevoir enfin la réalisation des évitements des villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle (pour un milliard), ainsi que l’assainissement du tunnel sous la Vue-des-Alpes (plus de 400 millions). Un pilier du programme «mobilité 2030» sera réalisé. Le ministre Laurent Favre s’en félicite.

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- Après le vote cantonal du 28 février et le soutien populaire à 84% au programme «mobilité 2030», ce 15 mars est-il un autre grand jour pour Neuchâtel?

- Laurent Favre: C’est effectivement une bonne journée, une deuxième victoire d’étape après le 28 février et la perspective de renforcer les conditions-cadres pour la population et les entreprises neuchâteloises. Car les villes des Montagnes ont vraiment besoin de nouvelles infrastructures routières. Le vote du Conseil des Etats à 30 contre 8 constitue une base solide pour aller maintenant au Conseil national, puis devant le peuple. Neuchâtel peut respirer.

- Votre lobbying est-il ainsi récompensé?

- On a pu constituer une alliance des cantons périphériques et faire comprendre qu’ils ont aussi le droit d’être intégrés au réseau national. Forta est également favorable au Plateau, avec les projets de Morges ou du Glattal. Par ailleurs, une part du fonds Forta contribuera à la politique d’agglomération. Tout le monde est gagnant.

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- A quand le début des travaux au Locle et à La Chaux-de-Fonds?

- L’évitement du Locle est prioritaire et il est bien positionné. Nous finalisons les études. Formellement, nous devons attendre 2020 et l’entrée en vigueur de l’arrêté fédéral. A moins que nous puissions préfinancer dès 2019 et avoir la garantie du remboursement du préfinancement par la Confédération. L’évitement de La Chaux-de-Fonds se fera dans un second temps, à l’horizon 2025-2030.

- Les décisions fédérales permettront aussi de rénover le tunnel bidirectionnel sous la Vue-des-Alpes. Demanderez-vous un second tube, comme au Gothard?

- Clairement non. Il est nécessaire d’assainir le tunnel, d’adapter les installations électromécaniques et de percer une galerie parallèle de sécurité. Mais notre stratégie «mobilité 2030» renonce à un second tube routier, au profit du transfert modal vers le rail. Nous avons en projet une nouvelle ligne ferroviaire souterraine entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, qui sollicite elle aussi un fonds fédéral, pour absorber l’augmentation de la mobilité. Nous prônons la complémentarité route-rail et non la concurrence.

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- Vous sollicitez beaucoup d’argent fédéral pour les routes, y a-t-il un risque que ce soit au détriment du projet ferroviaire?

- Non. Bien que complémentaires, les projets sont distincts, avec des processus politiques indépendants, des calendriers autres et font appel à des fonds différents. Notre concept complémentaire est parfaitement défendable.

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