La campagne référendaire contre la loi sur le CO2 s’anime. Mardi, partisans et opposants ont confronté leurs arguments à distance autour des coûts et des bénéfices de la révision proposée. Pour le comité d’opposition, composé de diverses associations économiques de la branche pétrolière, automobile, immobilière et patronale, la réforme coûte trop cher à la population et aux entreprises en pleine pandémie. «Dans la situation actuelle, il serait irresponsable d’imposer des charges encore plus lourdes à l’économie suisse, qui est aux prises avec la crise du coronavirus et les mesures de confinement depuis un an. La nouvelle loi sur le CO2 rendrait le carburant, le mazout et le gaz plus chers, ce qui aurait un impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur», avertit le président de GastroSuisse, Casimir Platzer, qui a rejoint le comité référendaire.

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Le projet prévoit de relever le plafond de la taxe sur le CO2 sur les combustibles fossiles de 120 à 210 francs par tonne émise et celui de la compensation pour l’importation de carburants de 5 à 10, puis 12 centimes par litre. A cela s’ajoute une nouvelle taxe sur les billets d’avion qui oscillera entre 30 et 120 francs par vol, selon la distance parcourue et la classe de voyage. Casimir Platzer estime les coûts supplémentaires à environ 700 millions de francs pour l’économie. Une partie des recettes sera versée dans un fonds pour le climat. Celui-ci sera utilisé pour subventionner la rénovation des bâtiments, des projets de lutte contre les crues et les éboulements et des programmes de reconversion énergétique, notamment. Pour Christophe Reymond, directeur du Centre patronal, ce fonds «n’est rien d’autre qu’une usine à gaz à subventions, une cagnotte climatique, une boîte noire».

Les enjeux pour les régions alpines

Justement, le fonds pour le climat prévoit d’allouer aux régions de montagne des aides financières pour lutter contre les risques naturels tels que les chutes de pierre, les éboulements, les glissements de terrain provoqués par la fonte des glaciers. C’est pour cela que le comité de l’Initiative des Alpes a choisi, mardi, de présenter les enjeux dans un village des Alpes bernoises: Guttannen. Juchée à 1000 mètres d’altitude, cette localité proche du col du Grimsel est exposée à des risques accrus de laves torrentielles et d’inondation que par le passé.

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«Les régions de montagne recevront des aides du fonds pour le climat pour se protéger contre les risques naturels», relève le conseiller national Jon Pult (PS/GR), président de l’Initiative des Alpes, qui se décrit lui-même comme un montagnard qui «souffre de voir les glaciers fondre et la nature se transformer à cause de la crise climatique. Je suis donc d’autant plus en colère lorsque les opposants à la loi sur le CO2 nous traitent, nous, la population des montagnes, comme des rustres». Le ton est donné, la campagne est lancée. Elle dure jusqu’au 13 juin, date du scrutin.