Depuis un quart de siècle, tous les chanceliers de la ville de La Chaux-de-Fonds ont fini par accéder au Conseil communal (exécutif) sous les couleurs du parti socialiste. Ce fut le cas pour Charles Augsburger, actuel président de la ville, puis Jean-Martin Monsch, et maintenant Didier Berberat, qui fut chancelier pendant douze ans. De là à penser que la chancellerie communale constitue un tremplin politique, il n'y a qu'un pas. Et justement, la place est libre.

La ville cherche donc un chancelier. Elle a publié des annonces pendant cet été. Les candidats devaient adresser leurs offres jusqu'à lundi. Il s'agissait de trouver un homme ou une femme de forte personnalité, sachant communiquer par oral ou par écrit, capable d'assumer la direction d'un secrétariat et, bien évidemment, passionné par la politique.

Centre nerveux

Elu au Conseil communal en juin, Didier Berberat avait assisté pendant douze ans à plus de 120 séances du Conseil général et à près de 600 réunions de l'exécutif composé de cinq permanents, dont le salaire annuel se situe aux alentours de 180 000 francs. «La chancellerie, c'est le centre nerveux de l'administration», rappelle Charles Augsburger, en ajoutant que le chancelier suit de près le travail du Conseil communal et qu'il en est «la conscience administrative». Il s'occupe aussi du protocole, des déplacements de l'exécutif, des commémorations, et organise des groupes de travail.

Les trois derniers chanceliers étaient des hommes portant les couleurs socialistes. Tous ont été élus députés au Grand conseil, où Charles Augsburger siège depuis près de trente ans. Didier Berberat a été réélu au Conseil national fin octobre. Quant à Jean-Martin Monsch, il vient de prendre sa retraite de conseiller communal, après douze ans d'activité. La formule du tremplin politique s'est imposée au gré des circonstances. Elle n'est pas forcément préjudiciable. Quand il a passé une longue période dans les coulisses du pouvoir, le chancelier connaît les mécanismes de la ville par cœur et il fait, en principe, un bon conseiller communal. Seul bémol: le poste de chancelier paraît réservé uniquement aux membres de la famille socialiste. Dans une ville à majorité de gauche depuis 1912, ce n'est pas une surprise.