Ramenée à ses composantes linguistiques, la Suisse semblait irréconciliable au soir du 6 décembre 1992. Si le refus d’adhérer à l’Espace économique européen (EEE) s’est joué par quelque 24 000 voix d’écart seulement auprès de la population, l’opposition frontale entre les cantons francophones et germanophones sauta violemment à la figure des confédérés. Les espoirs européens portés par près de sept Romands sur dix étaient douchés par les Alémaniques, dont 60% se sont dressés contre un arrimage à l’EEE.