Comparaison n'est pas raison, mais on ne peut qu'être frappé par la différence de coût entre le Musée d'archéologie de Neuchâtel (32 millions avec le Parc de la découverte) et le projet de Musée d'ethnographie à Genève, devisé à 60 millions au moins sans les aménagements urbains qu'il entraînera à la place Sturm.

L'explication tient en partie au volume deux fois plus important du second (88 000 m3 contre 33 700 m3). A Genève comme à Hauterive, le bâtiment n'abritera pas seulement un musée, mais des locaux universitaires et de recherche ainsi que des dépôts, l'administration et une cafétéria. A Genève, ces annexes représentent même la part du lion, puisqu'en surface nette d'exposition, le Musée d'ethnographie n'offrira que 50% de plus que celui d'Hauterive (auquel il faudrait d'ailleurs ajouter la partie visitable à l'extérieur). S'il y a un problème de coût à Genève, il semble qu'il tienne d'abord au programme même du concours.

«Nous sommes au centre-ville, ce qui renchérit la construction, explique Olaf Hunger, un des architectes du projet genevois, en réponse aux récentes attaques de l'Alliance de gauche contre la facture totale. Au prix du mètre cube, nous rentrons dans la moyenne de telles réalisations.»

De prudentes prévisions

La facture exacte du projet genevois (60 millions, ou 80 comme l'affirme l'Alliance de gauche?) n'est pas encore connue. «Pour l'instant, nous nous en tenons aux 55 millions inscrits au plan quadriennal», dit Pierre Roehrich, secrétaire du Département des affaires culturelles de la ville. Le dossier sera transmis au conseil municipal au plus tôt à la fin de l'année. Les deux musées comptent sur un soutien privé. A Genève, ce dernier se monte pour l'instant à un demi-million de francs alors qu'à Neuchâtel, une association de soutien présidée par l'ancien conseiller fédéral Pierre Felber a déjà récolté 3,5 millions de francs.

Quant aux prévisions du nombre de visiteurs, elles sont très prudentes à Hauterive (35 000) et beaucoup plus ambitieuses à Genève (environ 250 000, contre 46 000 en 1998 à l'actuel Musée d'ethnographie), où l'entrée sera gratuite.

J.-C. P.