Energie

Le Tribunal cantonal fribourgeois devra réexaminer le projet éolien du Schwyberg

Le Tribunal fédéral admet le recours de quatre organisations de protection de la nature et renvoie le dossier à la justice fribourgeoise. L'emplacement du parc est remis en question

Un vent contraire souffle sur le projet de parc éolien du Schwyberg (FR), qui devrait comporter neuf éoliennes de 140 mètres de hauteur. Le Tribunal fédéral admet le recours de quatre organisations de protection de la nature et renvoie le dossier à la justice fribourgeoise.

En 2012, la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions du canton de Fribourg (DAEC) avait donné son feu vert au projet, le plus avancé dans le canton en matière d’énergie éolienne. Le parc devrait fournir 50 gigawattheures par an, ce qui équivaut à la consommation de 12 500 ménages, a indiqué Jean-Michel Bonvin, directeur du Groupe Greenwatt.

Lire aussi: Le Tribunal fédéral est saisi du projet éolien du Schwyberg (juin 2014)

Tout comme la DAEC, le Tribunal cantonal fribourgeois avait donné son feu vert. Il avait débouté Mountain Wilderness Suisse, Pro Natura, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage ainsi que l’Association suisse pour la protection des oiseaux.

Emplacement remis en question

En dernière instance, le TF admet les griefs de ces quatre organisations. Compte tenu de ses incidences importantes sur l’espace et l’environnement, le parc éolien du Schwyberg doit avoir un fondement dans l’actuel plan directeur cantonal, explique Mon Repos.

Le Tribunal cantonal, auquel la balle est renvoyée, devra réexaminer, au terme d’une pesée d’intérêts, si l’emplacement du Schwyberg sur les hauteurs des communes de Planfayon et de Plasselb est adéquat et si des variantes et des alternatives sont possibles. La protection des intérêts du paysage, du biotope et des espèces devra être mieux prise en compte, indique le TF.

Protection des espaces et du paysage

Dans la suite de la procédure, il conviendra notamment de s’assurer que les exigences du droit fédéral sur la protection des espèces et des biotopes sont respectées. Les charges et conditions formulées à cet égard par la DAEC pour la protection des oiseaux et des chauves-souris apparaissent en partie insuffisantes.

Enfin, dans le cadre de la pesée globale des intérêts, la protection du paysage devrait faire l’objet d’une attention accrue, en tenant compte notamment du fait que la région du Gantrich présente un paysage de cultures d’une valeur particulière.

Déception des promoteurs

Dans le paysage des préalpes fribourgeoises, le projet apparaîtrait comme un corps étranger, relève le TF. Tombé vendredi, le verdict est un revers pour le Groupe E Greenwatt, qui avait annoncé attendre la décision de Mon Repos avant de lancer concrètement d’autres projets.

Promotrice du projet, la société Schwyberg Energie SA, détenue en majorité par E Greenwatt, indique prendre acte avec regret de la décision du TF. Cette décision, précise-t-elle, lui permet néanmoins de poursuivre son projet afin de «contribuer à la réalisation des objectifs de la stratégie énergétique de la Confédération, malgré les difficultés pour le développement des énergies renouvelables mises en lumière par l’arrêt du Tribunal fédéral».

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