Surpris à conduire avec une alcoolémie de 1,77 0/00, un automobiliste schwytzois a tenté en vain de convaincre le Tribunal fédéral qu'il avait été victime de ses sens. Diabétique et privé de toutes ses capacités gustatives par une crise d'hypoglycémie, il n'avait pas remarqué, telle était sa défense, que les collègues avec lesquels il avait bu un verre avaient systématiquement ajouté de la vodka dans son eau minérale.

Les juges cantonaux n'avaient pas été convaincus. Même si ses papilles étaient momentanément hors d'usage, avaient-ils estimé, le recourant aurait dû remarquer qu'il s'alcoolisait et qu'il n'était pas, au moment de prendre le volant, au sommet de sa forme. Après tout, lorsqu'il avait été arrêté quelques minutes plus tard, il zigzaguait à 30 km/h au milieu de la route…

Forts de ces arguments, ils avaient refusé d'écouter un expert médical que le recourant voulait leur faire entendre sur les effets de l'hypoglycémie. Le TF n'y voit pas malice: l'expert en question n'aurait pas pu attester de l'état effectif du recourant le soir des faits. Et les juges schwytzois avaient suffisamment d'éléments pour fonder leur appréciation, ce d'autant plus que le recourant s'était plusieurs fois contredit.

Arrêt 1P.363/2000 du 24 juillet.