La Cour européenne des droits de l'homme lui avait pourtant donné raison l'été dernier. Hans Ulrich Hertel, pourfendeur des fours à micro-ondes, n'aura cependant pas toute liberté à l'avenir pour dire le grand mal qu'il en pense. Dans un arrêt diffusé mardi, le Tribunal fédéral n'a accepté que partiellement la demande de révision de son jugement qu'il a déposée après sa victoire à Strasbourg. Une interdiction, réduite, demeure. En 1993, à la requête de l'association des fabricants, la justice civile bernoise lui avait interdit de publier ses critiques les plus virulentes, notamment celle de présenter des risques analogues au cancer. Ses attaques avaient été reprises par le journal de Franz Weber, dans une mise en page suggestive.

Violation de la loi sur la concurrence déloyale, avait conclu la justice suisse. Violation de la liberté d'expression, avait répondu Strasbourg. Leur décision laissait toutefois une marge aux autorités suisses. Le Tribunal fédéral s'est empressé de l'utiliser, confirmant qu'il est légitime à ses yeux de restreindre la liberté d'expression pour défendre des intérêts purement économiques. Les juristes qui analyseront sa décision diront si c'est à bon escient.

Arrêt 4C.359/1998 du 2.3.99, destiné à publication