«C’est le serpent qui se mord la queue.» Au bout du fil, Jacques Philippoz, l’avocat des opposants à la ligne à très haute tension (THT) Chamoson-Chippis, peine à comprendre le Tribunal fédéral (TF). Mon-Repos vient de le débouter dans sa demande de révision de la décision prise par le TF lui-même en septembre 2017, qui validait le tracé de la ligne.

La demande des opposants se basait sur la médiatisation, en juin dernier, d’un rapport géologique, concluant que 34 des 52 pylônes sont exposés à des dangers naturels. Si, dans son arrêt du 29 janvier dernier, le TF reconnaît que «ce rapport ne figurait pas au dossier de la procédure devant le Tribunal fédéral», il précise qu’aucune des décisions prises dans cette affaire, que ce soit par le TF ou par le Tribunal administratif fédéral, n’aborde la question des dangers naturels.

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«Les recourants n’ont soulevé aucun grief à cet égard et le Tribunal fédéral, en particulier dans l’arrêt qui fait l’objet de la demande de révision, n’avait pas à examiner la question d’office, puisque celle-ci ne relevait pas de la procédure d’approbation des plans», écrit Mon-Repos. Il conclut donc que la demande de révision doit être rejetée.

«Personne ne statue sur les problèmes sécuritaires»

«Cet arrêt est inconséquent, tonne Jacques Phillipoz. On nous reproche de ne pas avoir pointé du doigt la question des dangers naturels, alors qu’on ne pouvait pas le faire puisque nous n’avions pas connaissance du rapport qui soulève cette problématique.» La décision du Tribunal fédéral conforte l’avocat dans son idée que «personne ne statue sur les problèmes sécuritaires liés à cette autoroute électrique».

Avant le TF, c’est l’Office fédéral de l’énergie qui avait renvoyé à l’Inspection fédérale des installations à courant fort (ESTI) une demande d’arrêt des travaux de la ligne déposée par les opposants, ne s’estimant pas compétent pour le faire. Celle-là vient de rendre une décision de non entrée en matière, selon Jacques Philippoz. «Swissgrid est un Etat dans l’Etat, peste-t-il. Il n’y a qu’eux qui ont le droit de construire une telle installation dans une zone de dangers naturels et de prendre des mesures de protection après coup.»

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La procédure qui dure depuis une vingtaine d’années ne s’arrête pas pour autant. Les opposants feront recours auprès du Tribunal administratif fédéral concernant la décision de l’ESTI. En attendant, les travaux de la ligne, commencés en août, se poursuivent. Dans un tout-ménage envoyé, cette semaine, aux habitants des communes concernées, Swissgrid explique que la construction de la ligne avance selon les prévisions et que sa mise en service est toujours prévue en 2021.