Pas de surprise de dernière minute. Le Tribunal correctionnel de Genève a accepté la procédure simplifiée destinée à mettre un point final à l’aventure pénale de Dominique Warluzel. Le célèbre avocat est condamné à une peine de 30 mois, dont 6 mois de prison ferme, le tout étant suspendu au profit d’un traitement institutionnel en milieu ouvert. En clair, il devra rester en Suisse et se soigner dans une clinique afin de maîtriser les troubles qui l’ont conduit à tirer sur une aide-soignante dans sa chambre d’hôtel.

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Dominique Warluzel, très diminué par les conséquences d’un accident vasculaire cérébral mais l’humour toujours intact, s’est présenté à l’audience en chaise roulante, entouré de ses défenseurs, Mes Charles Poncet et Christian Lüscher. La plaignante, assistée de Me Yaël Hayat, était également convoquée mais n’a pas eu à prendre la parole.

Débats réduits au strict minimum

Les débats en procédure simplifiée étant réduits au strict minimum, la présidente Isabelle Cuendet s’est contentée de vérifier si le prévenu avait bien compris et admis les termes de l’acte d’accusation, négocié avec le procureur général, qui le reconnaît coupable de mise en danger de la vie d’autrui, de tentative de meurtre par dol éventuel et de violation de la loi sur les armes. Dominique Warluzel a expliqué avoir accepté cette issue pour une seule raison: «Il est bien dit que je n’avais nullement l’intention de blesser ou de tuer la victime.»

Le tribunal s’est encore étonné: «Est-il exact que vous avez indemnisé la plaignante à hauteur de 170 000 francs?» Dominique Warluzel répond d’abord non avant de préciser: «J’ai pris l’engagement de verser 250 000 francs. Une somme de 170 000 a déjà été versée, à laquelle s’ajouteront 80 000 francs pour les honoraires de son avocate.»

Alors que le tribunal allait se retirer pour délibérer, l’avocat a encore souhaité prendre la parole pour exprimer l’enfer vécu depuis qu’il a été «foudroyé» par cet AVC en janvier 2013 et dire que tous ses efforts sont désormais concentrés sur sa rééducation ainsi que sur le sevrage de sa dépendance aux benzodiazépines.

Après une brève réflexion, les juges ont entériné la solution négociée tout en estimant que la sanction prononcée était appropriée. Le dossier sera transmis au Service d’application des peines et mesures qui sera chargé de suivre les conditions du traitement institutionnel.