Le tribunal de district d’Andelfingen, dans le canton de Zurich, ordonne le retrait des affiches et annonces du Comité d’Egerkingen, proche de l’UDC. Il donne suite à la demande des quatre ténors du PLR qui ont été brocardés par ce comité pour ne pas avoir soutenu une motion de l’UDC sur l’islamisme radical au Conseil national. La présidente du parti, Petra Gössi, le chef du groupe parlementaire, Beat Walti, et les conseillers nationaux bernois Christa Markwalder et Christian Wasserfallen ont demandé des mesures superprovisionnelles afin que ces affiches soient retirées de l’espace public, des réseaux sociaux et d’internet. Le tribunal zurichois juge «suffisamment vraisemblable» la violation de la personnalité invoquée par les quatre plaignants.

Le Comité d’Egerkingen, à l'origine des initiatives populaires contre les minarets et le port de la burqa, a utilisé des photos d'eux pour inviter les électeurs à ne pas voter pour eux. Il leur reproche de ne pas avoir soutenu une motion de l’UDC intitulée «Halte à l’expansion de l’islam radical en Suisse!». Cette intervention parlementaire réclame des bases légales et des mesures draconiennes pour surveiller les mosquées, leur financement et pour identifier, interdire et expulser les musulmans radicalisés. Elle a été rejetée d’extrême justesse, par 92 voix contre 91, le 10 septembre. Ceux qui l'ont refusée ont invoqué le fait que plusieurs des mesures exigées par cette motion déposée en 2017 avaient été réalisées entre-temps.

Un délai de 24 heures

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Leur image a été utilisée sans leur autorisation. Comme il y a un «lien direct avec les élections fédérales du 20 octobre», le tribunal reconnaît l’urgence de la démarche. Concrètement, il interdit «toute affiche, annonce ou autre contribution physique ou numérique» affirmant que «le PLR protège les islamistes radicaux en Suisse». Il requiert du Comité d’Egerkingen qu’il retire dans un délai de 24 heures les affiches qui ont déjà été posées – il y en aurait déjà plus de 400 – et supprime les annonces diffusées sur les supports numériques. En cas contraire, une amende jusqu'à 10 000 francs peut être prononcée. La partie incriminée dispose d’un délai de dix jours pour prendre position par écrit sur cette décision judiciaire et motiver les faits qu’il conteste. Cette décision ravit Christian Wasserfallen, qui a jugé ceette campagne d'affichage contraire à l'esprit suisse.

Président du Comité d'Egerkingen, Walter Wobmann parle d'une «décision politique» et fait savoir que le comité qu'il préside va laisser les affiches en place. Il juge irréaliste leur retrait dans le délai imparti. Il ajoute que la campagne s'achève de toute façon ces prochains jours.