C’est peu dire que le procès de l’ex-pâtissier star Philippe Guignard pour escroquerie était attendu. Il a failli tourner court dès son ouverture ce lundi à la salle d’audience cantonale de Renens. Souffrant de dépression depuis plusieurs années, sortant le matin même de deux jours d’hospitalisation au centre psychiatrique du Nord vaudois, le célèbre artisan a fait un malaise peu avant midi. «C’est insupportable», a-t-il soufflé, avant de vaciller et d’être évacué, soutenu… par une plaignante, qui travaille dans le milieu des soins. L’audience a été immédiatement interrompue, avant de reprendre l’après-midi, en l’absence du principal accusé, dispensé pour raisons médicales.

Une affaire «hors norme»

Philippe Guignard devrait pouvoir assister aux prochains jours d’audience. Mais l’incident sème le doute sur la suite du procès, qui doit s’étaler sur pas moins de huit jours. Une durée exceptionnelle pour une affaire d’ampleur, «hors norme» même, selon le terme utilisé par le procureur Anton Rüsch. Devant le Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, délocalisé pour l’occasion, l’ex-pâtissier doit en effet répondre de gestion déloyale aggravée, de gestion fautive et d’escroquerie par métier. Avec l’aide de trois complices (un ex-collaborateur, un promoteur immobilier et ami d’enfance, ainsi que l’ancien notaire et député Michel Mouquin), Philippe Guignard est accusé d’avoir grugé pas moins de 16 personnes.