L’accusé «est bien l’auteur, il est l’assassin», a lancé le procureur après environ quatre heures réquisitoire. «Votre jugement doit être de réalité et pas de fiction», a affirmé Eric Cottier à l’attention du jury.

Le témoignage de la boulangère rejeté

L’accusé a commis «le matricide», une des crimes «suprêmes», par «cupidité, avidité, odieusement et avec un acharnement forcené», a aussi déclaré Eric Cottier. A ses yeux, le témoignage tardif de la boulangère qui est à l’origine de ce procès en révision après la condamnation à la perpétuité en juin 2008 à Vevey, ne résiste pas à l’examen.

Le procureur a jugé que la vendeuse était «une brave femme». «Elle est aussi honnête et digne de confiance que toutes les personnes» qui ont témoigné, «pas plus, pas moins». Malgré ces qualités, le témoignage est «dépourvu de toute crédibilité par rapport aux autres pièces du dossier», selon Eric Cottier.

Cette femme, qui dit avoir servi les deux femmes que la justice considère comme déjà mortes le 24 décembre 2005 à cette heure-là, «se trompe mais ne ment pas», a estimé le procureur. Selon son hypothèse, la vendeuse aurait opéré au fil du temps un passage entre le 23 et le 24 décembre, dates successivement annoncées dans la presse comme le moment du drame.

Eric Cottier a passé en revue toutes les raisons qui le font douter: inimaginable que ces deux femmes tranquilles soient descendues à cette heure faire des courses dans la cohue de Noël, impossible de les imaginer traverser la ville avec leurs paquets, par exemple.

Un témoignage contre tous les autres

Le procureur général a aussi attaqué assez vivement la façon dont la journaliste, qui a trouvé la vendeuse, a interviewé le témoin. Il a montré comment on lui avait suggéré qu’il s’agissait bien des personnes en cause. Mais Eric Cottier a surtout voulu remettre ce témoignage parmi de nombreux autres, qui vont tous dans le même sens, à ses yeux.

Il a repris tous les éléments du procès et insisté en particulier sur les motivations de l’accusé. L’argent, l’argent, toujours l’argent au coeur du drame, parce que cet homme de 46 ans voulait à toute force vivre au-dessus de ses moyens.

A la fin 2005, l’accusé «n’avait plus un radis» en liquide, même s’il était millionnaire par ses biens. Incapable d’accepter la moindre contradiction, il a «explosé» quand mère n’a plus voulu allonger les dizaines de milliers de francs nécessaires, pour les charges de ses propriétés notamment.