Le ministère libyen des Affaires étrangères «déclare qu’il accepte les excuses et les vifs regrets exprimés par le département d’Etat» américain, selon un communiqué diffusé mercredi.

Tripoli «accueille favorablement la reprise des échanges de visites de responsables des deux pays et insiste sur sa volonté de développer des relations bilatérales dans tous les domaines et dans le cadre d’un respect mutuel».

Le porte-parole du département d’Etat, P. J. Crowley, a présenté mardi des excuses pour les propos qu’il a tenus au sujet de l’appel au djihad (guerre sainte) lancé par Mouammar Kadhafi contre la Suisse le 25 février.

Le journal gouvernemental libyen «Al-fajr Al-Jadid» a qualifié mercredi de «victoire» les excuses de Washington. Selon le quotidien, les excuses ont «prouvé le bien-fondé de la position» de la Libye et sa «capacité à préserver sa dignité». Les «deux pays tournent ainsi la page de ce différend qui menaçait les relations bilatérales».

«Pas beaucoup de sens» Interrogé le 26 février, M. Crowley avait dressé un parallèle avec de précédents propos de Kadhafi. Il avait notamment rappelé la diatribe insolite et interminable du dirigeant libyen à la tribune de l’ONU en septembre, qui contenait «beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout et pas forcément beaucoup de sens».

Mardi, il a précisé: «Il semble que mes commentaires aient été perçus comme une attaque personnelle contre le président» avant d’ajouter: «Ces commentaires ne reflètent pas la politique américaine et nous n’avons pas eu l’intention d’offenser. Je présente des excuses s’ils ont été interprétés de cette façon».

Suite à ces propos, Tripoli avait convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade américaine à Tripoli pour lui adresser sa protestation et exigé des «explications et des excuses». «Des répercussions négatives sur les relations économiques et politiques entre les deux pays» étaient prévues si aucune mesure n’était prise par Washington.

Pas de restrictions d’entrée Selon un officiel libyen cité par l’agence de presse Dow Jones, des citoyens américains auraient été interdits d’entrée sur le territoire libyen pour assister à une foire. Interrogée par l’ATS, une porte-parole du Département d’Etat a indiqué «ne pas être au courant de restrictions frappant les citoyens américains désireux d’entrer en Libye».

La Compagnie nationale libyenne de pétrole avait également mis en garde les compagnies pétrolières américaines des «répercussions» que pourraient provoquer ces propos. Des firmes américaines ont investi des milliards de dollars en Libye.