Valais

Trois ans et 4 mois de prison pour l’ex-instituteur pédophile

La cour a notamment reconnu coupable l’ancien professeur de Sierre d’actes d’ordre sexuel avec des enfants de moins de 16 ans et le condamne à 40 mois de prison ferme. L’homme fera appel de la décision

«Ce n’est pas une blague, on a gagné?» Incrédule, à la sortie de la salle d’audience, l’une des victimes d’un ancien instituteur de Sierre se jette dans les bras de ses amies. Quelques minutes plus tôt, le juge du Tribunal du district de Sierre, Stéphane Epiney, a annoncé que l’homme était notamment reconnu coupable d’actes d’ordre sexuel avec des enfants de moins de 16 ans. La cour a suivi le réquisitoire de procureur et le condamne à 40 mois de prison ferme, sans sursis, et à une interdiction d’exercer son métier de professeur pour une durée de cinq ans.

Lors de la lecture du verdict, l’ex-enseignant, qui s’est toujours déclaré innocent, n’a pas bronché. Les juges n’ont pas retenu toutes les charges qui pesaient contre lui, mais pour une des victimes, ils ont établi que, sous prétexte d’un exercice d’éveil des sens, il l’a épiée nue sous la douche, avant d’aller se masturber dans un local annexe, réservé aux enseignants. Le tribunal a également reconnu que, pour trois autres victimes, toujours sous le prétexte d’un exercice d’éveil sensoriel, l’ancien instituteur a mis son sexe dans leur bouche, alors qu’il leur avait préalablement bandé les yeux. Des faits qui remontent à une demi-douzaine d’années.

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La défense fera appel

«C’est la stupeur qui prédomine», reconnaît l’avocat de la défense, Me Olivier Couchepin. L’homme de loi annonce qu’il fera appel de la décision auprès du Tribunal cantonal. «C’est cohérent par rapport à notre ligne de défense, puisque mon client a toujours contesté être l’auteur des faits reprochés», explique-t-il.

Cette ligne de défense, Me Marcel-Henri Gard, l’avocat d’une des victimes, la juge «suicidaire». Pour lui, le verdict sanctionne une défense indigne. «Les victimes ont dû supporter des déclarations et des insinuations inadmissibles. Elles ont souffert à nouveau lors de ce procès, mais cette souffrance n’a pas été inutile», souligne-t-il, satisfait par le verdict. «C’est un premier pas vers la reconstruction de la personnalité de ma cliente. La peine ferme est un baume atténuant que l’on met sur sa blessure, encore béante», ajoute Me Christophe Quennoz, avocat d’une autre victime, sur les marches du palais de justice de Sion, où le Tribunal de Sierre siégeait exceptionnellement.

Altercation à la sortie du tribunal

Derrière lui, les esprits s’échauffent. En sortant du bâtiment, le père du condamné, accompagné d’autres membres de sa famille, s’en prend verbalement aux victimes présentes, qui réagissent vivement. «Les jeunes filles ont été insultées. L’homme leur a également fait, par la suite, un doigt d’honneur», raconte Me Marcel-Henri Gard. L’avocat ne veut pas que ces gestes restent impunis. Il portera plainte.

Le condamné, lui, a été reconduit en prison, où il a été emmené lundi pour la première fois. L’appel annoncé par son avocat ne devrait pas lui permettre d’en sortir automatiquement, les juges ayant prononcé une mise en détention pour des motifs de sûreté. «Nous allons proposer de fournir une caution et le dépôt du passeport de mon client pour permettre sa libération, explique Me Olivier Couchepin. Il s’est tenu à la disposition de la justice pendant six ans. Il n’y a aucune raison qu’il fuie.»

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