Un Italien résidant à Longeau, près de Bienne (BE), a été condamné mardi par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone à trois ans et huit mois de réclusion. Il a été reconnu coupable de participation et de soutien à une organisation criminelle, en l’occurrence la 'Ndrangheta, la mafia calabraise.

Le 12 octobre dernier, le procureur fédéral Sergio Mastroianni avait requis quatre ans de réclusion. La défense avait plaidé l’acquittement. Mardi au terme du procès, les avocats Me Costantino Testa, de Berne, et Me Nadir Guglielmoni, de Bellinzone, visiblement déçus, ont annoncé qu’ils allaient recourir.

Le prévenu calabrais, âgé de 61 ans, marié, père et grand-père, a été reconnu coupable d’avoir participé, de 2003 à 2011, aux activités des sections locales de la 'Ndrangheta à Giussano et Seregno en Lombardie, aux portes de Milan. Il y était connu comme «Cosimo lo Svizzero» et assurait lui-même le transport en Calabre d’armes achetées en Suisse.

Surveillance armée de champs de cannabis

L’Italien de Longeau a aussi été condamné pour son soutien à d’autres sections calabraises de l’organisation criminelle. Même s’il n’était pas un affilié selon les rites mafieux: il n’avait pas été «baptisé». D’après un repenti auditionné par vidéoconférence le 9 octobre dernier, l’accusé avait activement participé à de nombreuses réunions de la 'Ndrangheta en Lombardie, au Piémont et en Calabre.

Le sexagénaire a aussi été reconnu coupable de la surveillance armée de champs de cannabis dans le canton de Berne et de recel pour avoir acheté un revolver volé. Les nombreuses armes trouvées à son domicile lors de l’ouverture de l’enquête en août 2015 ont été confisquées. En revanche le Seelandais d’adoption a été acquitté de l’accusation dans l’opération dite «Crime de Turin». En 2003, plusieurs actions sanglantes avaient alors été commises dans cette ville et dans les alentours.

La peine requise par le procureur n’a donc été que légèrement réduite en tenant compte de la gravité des actes commis par le sexagénaire. Le TPF a cependant tenu compte de la volonté du prévenu de repartir sur de nouvelles bases en secondant son fils dans son activité de restaurateur. L’homme devra s’acquitter des frais de la cause qui s’élèvent à 30 000 francs.