Trois auteurs présumés de l’attaque à main armée commise il y a un peu plus d’un an contre le bureau de change d’un établissement bancaire à Thônex dans le canton de Genève ont été interpellés en début de semaine dans la région lyonnaise. L’information révélée par la «Tribune de Genève» dans son édition de mercredi a été confirmée par la justice genevoise. Actuellement interrogés dans le cadre d’une garde à vue, les prévenus sont soupçonnés de participation au braquage et de tentative de meurtre pour avoir fait feu sur un automobiliste, sans le blesser, pendant leur fuite. Leur audition a lieu sur le territoire français en présence de la brigade criminelle genevoise.

«La Tribune de Genève» rapporte que l’un des individus été appréhendé lundi matin dans un hôtel de la région lyonnaise tandis que ses deux complices étaient arrêtés le lendemain à leur domicile. Ils sont connus des services de police français. Plusieurs autres personnes seraient encore activement recherchées.

Pour rappel, le 26 novembre 2010 en fin de journée, des malfrats originaires de Lyon avaient pris d’assaut la banque Migros de Thonex. Après avoir neutralisé un agent de sécurité, ils avaient fait exploser la vitrine blindée. Alertés par la déflagration, plusieurs gendarmes du poste de police situé face au bureau de change avaient été pris sous le feu des braqueurs, armés notamment de fusils à pompe et de Kalachnikov. Ils avaient pu prendre la fuite, sauf un blessé aux bras, neutralisé après s’être emparé d’une voiture et causé deux accidents.

Selon une source prochaine des services de police lyonnais, l’opération qui a mené à cette triple interpellation était programmée «depuis longtemps, avant l’été» «Les repérer en même temps n’a pas été chose facile, poursuit cet interlocuteur. Finalement une opération pour fin octobre était dans les tuyaux mais l’affaire Neyret l’a déprogrammée.» Neyret, du nom de l’ancien numéro deux de la police judiciaire lyonnaise mis en examen le 3 octobre 2011 dans une enquête sur des soupçons de corruption.

De son côté, le Ministère public genevois insiste sur le fait que «l’opération a été menée conjointement avec les autorités de poursuite française et grâce à l’étroite et efficace collaboration entre les polices lyonnaise et genevoise». Eric Grandjean, porte-parole de la police genevoise confirme: «Une commission rogatoire internationale a autorisé l’envoi d’enquêteurs genevois sur la place, c’est donc un succès à la fois pour la France et la Suisse. Notre coopération est désormais au point avec des partages de renseignements, des réunions mensuelles, ces accords dits de Paris sur les poursuites transfrontalières dans un cadre légal et plus pratiquement de notre valise radio qui en temps réel permet de nous parler des deux côtés de la frontière lors d’une opération».

Malgré la satisfaction ambiante, certains se demandent si un an pour interpeller trois individus n’est-ce-pas un peu long. Richard Schittly, journaliste au «Progrès de Lyon», qui couvre les affaires de grande criminalité, répond: «On entend de part et d’autre de la frontière que les affaires traînent à être résolues et que l’affaire Neyret a freiné les choses. Il me semble au contraire qu’il y a une réelle volonté à boucler les enquêtes et que la communication franco-suisse est aujourd’hui plutôt bonne».