Les responsables du Département formation et jeunesse (DFJ) ont dressé vendredi un premier bilan d'EVM sur la base de deux études fraîchement pondues par l'unité de recherche en système de pilotage. Leur résumé montre que la question des notes n'est pas la seule à discuter.

Le premier document, signé Alex Blanchet, suit les élèves des treize collèges «explorateurs» à la fin de la 7e année réformée – importante puisqu'on peut y calculer le pourcentage d'échecs et de réorientations. Or «le taux d'échec au terme de la 7e année d'exploration est relativement élevé», constate l'auteur. Il atteint notamment 12,2% en voie baccalauréat. «L'objectif d'EVM visant à réduire le taux de redoublements n'est pas atteint à ce stade», constate Bernard Studer, chef ad intérim du service de l'enseignement. De plus, des promotions «extraordinaires» (en fait conditionnelles) ont été accordées à un tiers des élèves. Si la tendance se confirme, «l'école risque de souffrir d'une image de sévérité excessive et d'incapacité à s'adapter à la diversité des élèves», relève Alex Blanchet. Un autre objectif majeur d'EVM n'est donc pas encore atteint. A noter que les décisions négatives relatives à des réorientations concernent plus souvent des garçons que des filles.

L'autre recherche, de Jean-Pierre Abbet, porte sur l'opinion des parents à travers un échantillon – pas forcément représentatif – de 126 personnes. Les mieux informés des enjeux scolaires sont, sans surprise, ceux dont les enfants sont orientés vers la voie supérieure (baccalauréat). Par contre, le message passe mal auprès des parents d'enfants aux résultats moins brillants. S'il y a une chose que tout le monde a comprise – malgré les efforts officiels pour gommer ces différences –, c'est la hiérarchisation entre les trois voies proposées.

Une remarque positive apporte de l'eau au moulin des partisans d'EVM. Les parents «estiment très clairement que cette période scolaire (de sélection en 5-6e, ndlr) doit être protégée des enjeux du monde professionnel ultérieur», et sont «globalement satisfaits» des critères d'orientation. Le bémol de taille est que l'appréciation «satisfaisant» est mal comprise par une partie des parents, convaincus qu'elle ouvre la voie au baccalauréat alors qu'elle oriente tout juste vers la générale. Conclusion, l'information des parents reste lacunaire et faisait d'ailleurs l'objet ce vendredi d'une rencontre avec deux associations qui les représentent.

Outre ces deux études, le collège de Prilly a mené sa propre discussion sur EVM avec un groupe de parents et fait ressortir plusieurs insuffisances: l'évaluation demande une importante dépense d'énergie pour un résultat parfois «bien mince», la terminologie prête à confusion et stimule peu l'élève. Le groupe propose de simplifier le système (en utilisant les mêmes termes pour les évaluations informative et certificative par exemple), tout en réaffirmant son refus des moyennes. «J'étais opposé aux notes, concède le directeur, François Delessert, mais aujourd'hui je suis prêt à en discuter à partir de la 7e année.» François Delessert étant membre du comité de pilotage d'EVM, son avis n'est pas sans importance.