Deux reportages de la RTS portant sur les visites nocturnes de Pierre Maudet au bureau qu’il occupait en tant que conseiller d’Etat ont violé le principe de la présentation fidèle des événements, selon l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio et de télévision. L'AIEP a également rejeté une plainte concernant un épisode sur les 40 ans du canton de Jura.

L'AIEP s'est réunie jeudi en séance publique pour examiner trois cas qui concernaient quatre plaintes. Elle en a admis trois et rejeté une.

Des plaintes de Pierre Maudet

Deux plaintes concernent deux contenus journalistiques de la RTS, tous les deux au sujet des visites nocturnes de l'ex-conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet à son ancien bureau. D'après le plaignant, les faits n’ont pas été correctement rapportés. Les reportages, l'un dans «La Matinale» du 15 décembre 2020, et l'autre dans le «12h45» du même jour, «couvrent de ridicule» l'ancien magistrat.

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L'AIEP lui donne raison: «Lors de son examen, la majorité des membres de l’AIEP a retenu que les faits ont été relatés de manière tendancieuse et pas transparente», peut-on lire dans un communiqué de l'AIEP. La prise de position du plaignant n'a pas été rapportée «de manière suffisante et adéquate», ajoute-t-elle. L'autorité estime que le principe de la présentation fidèle des événements a été violé.

Festivités à Saignelégier et question jurassienne

Un autre cas traité jeudi par l'AIEP concerne un reportage diffusé dans le téléjournal 19h30 de la RTS, le 12 juillet 2020. Il faisait partie de la série «Souviens-toi l'été dernier», qui revenait sur des lieux et des moments marquants des festivals de l’été 2019.

L’épisode en question était consacré aux festivités à Saignelégier, lors des 40 ans de l’entrée en souveraineté du canton du Jura. Selon le plaignant, le reportage était déplacé et biaisé. Il estime qu’une grande partie de l'épisode était exclusivement consacrée à la votation de la ville de Moutier au sujet de son appartenance cantonale. De plus, les journalistes donnaient la parole à un des principaux chefs de file du camp séparatiste de Moutier, estime-t-il.

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Selon l’AIEP, le droit des programmes n’a pas été violé. Le diffuseur était libre de choisir le thème et l’angle d’un reportage, et ce dernier ne s’inscrivait pas dans une période sensible en lien avec la votation de la ville de Moutier. Les propos du politicien étaient clairement reconnaissables en tant qu'opinions personnelles. Le public a donc pu se forger sa propre opinion.

Absence de confrontation

Une quatrième plainte visait un reportage du magazine «A Bon Entendeur» du 21 janvier 2020, sur le thème de la commande en ligne de mobilier et des conditions générales de vente. La personne attaquée doit être confrontée aux graves reproches formulés à son encontre, mais les membres de L’AIEP n’ont trouvé aucune confirmation que l’entreprise en question avait réellement été confrontée avec les reproches soulevés. Le principe de la présentation fidèle des événements a, dans ce cas également, été violé.

L’AIEP est une commission extraparlementaire de la Confédération. Elle se compose de 9 membres exerçant leur activité à titre accessoire et de trois membres du secrétariat. Elle juge si les diffuseurs suisses de radio et de télévision et les autres services journalistiques de la SSR violent les dispositions relatives au contenu des publications rédactionnelles. Les décisions de l’Autorité de plainte peuvent être attaquées auprès du Tribunal fédéral.