Pour que la vie normale puisse reprendre son cours, les élèves doivent réintégrer les leurs. Pas tout de suite, mais lors de la deuxième étape du déconfinement, le 11 mai 2020 pour les classes du primaire, quasi deux mois après leur fermeture. Pour les écoles professionnelles et du secondaire II, il faudra attendre le 8 juin. «Nous avons trois semaines pour réinventer une deuxième fois l’école en temps de pandémie», synthétise Julien Schekter du Département vaudois de la formation. Après l’enseignement à distance imposé depuis le 13 mars, voici venu le temps du retour en classe avec mesures de précaution sanitaires maximales.


Lire aussi: 


Ce qui motive cette réouverture? «Les résultats récents semblent démontrer que les enfants sont peu touchés, mais aussi peu porteurs du virus», déclare Daniel Koch, de l’Office fédéral de la santé publique. «Si cette épidémie a un aspect positif, c’est bien celui-ci.» Dès lors, pourquoi encore attendre presque quatre semaines? «Pour éviter de trop grands flux de population, répond Alain Berset. Il s’agit de rétablir le mouvement étape par étape, aussi vite que possible mais aussi lentement que nécessaire. La protection dans les transports publics menant à l’école doit notamment être assurée.» Le passage d’une étape à l’autre n’aura lieu que s’il n’y a pas d’augmentation significative des cas de Covid-19. Beaucoup de questions restent ouvertes sur la protection par masque des enseignants, la distance sociale entre les élèves, les cours de gymnastique, mais le gouvernement promet des précisions le 29 avril.

Lire également: Sous pression des cantons, la Suisse entière ferme ses écoles

Des diplômes pour les apprentis, une incertitude pour les autres diplômés

Guy Parmelin, lui, rassure les 75 000 jeunes qui achèvent leur formation professionnelle cet été: ils auront leur diplôme. «Ils n’auront pas d’examen à proprement parler, mais seront évalués sur leurs connaissances professionnelles uniquement. Les cantons sont chacun responsables de cette organisation. Cela permettra à ces jeunes de continuer leur vie professionnelle et d’assurer le roulement des apprentis.» La différence des dates de réouverture entre l’école obligatoire et l’enseignement supérieur tient à la contamination qui est davantage à craindre chez les étudiants jeunes adultes – destinés à davantage de mobilité – que chez les enfants.

Concernant les examens de certificat de fin d’études obligatoires, les compétences sont cantonales, aussi des précisions devraient survenir rapidement. Par contre, pour les gymnases et lycées, c’est la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’Instruction publique qui décidera des modalités des maturités fédérales.

Lire encore: En Suisse, les garderies et les écoles sont à pied d’œuvre

«Une bonne nouvelle pour l’égalité des chances»

La réaction de la Société pédagogique vaudoise ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, elle invite le Conseil d’Etat vaudois à ne pas ouvrir les écoles le 11 mai. «Les écoles ont été les premiers lieux fermés par les autorités et devraient ainsi être les derniers à rouvrir. Le plan du Conseil fédéral ne semble répondre qu’au seul intérêt économique. Toutes les conditions sanitaires doivent être réunies avant un retour, même partiel, en classe», exige-t-elle.

«La réouverture des écoles est une bonne nouvelle pour l’égalité des chances entre les élèves, répond Julien Schekter. Par contre, c’est un défi concernant la sécurité sanitaire des élèves, de leurs familles et des enseignants.» Le travail de ces prochaines semaines se fera en coordination entre les cantons romands. Le conseiller fédéral Alain Berset a appelé à une unité nationale dans les mesures de déconfinement.