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Le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard.
© LAURENT GILLIERON

Caisse de pensions

Trois syndicats vaudois unis contre une péjoration des retraites

Les négociations entre le Conseil d’Etat et les trois syndicats de la fonction publique vaudoise sur la révision du plan de prévoyance 2019 ont débuté cette semaine

Trois syndicats vaudois de la fonction publique se battent ensemble pour éviter une dégradation des retraites des employés de l’Etat. Leurs discussions avec la délégation aux ressources humaines représentée par Nuria Gorrite, Pierre-Yves Maillard et Pascal Broulis ont débuté cette semaine. Ces derniers sont partants pour proposer au Grand Conseil une solution alternative qui ne couperait pas dans les prestations.

Le plan de recapitalisation de la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud (CPEV) n’est pas vieux, il date de 2013. Son taux de couverture est de 75%, objectif censé être atteint en 2030, et devrait arriver à 80% en 2052. Pourtant, son conseil d’administration a déjà élaboré sa révision, afin de tenir compte des recommandations fédérales qui demandent une baisse du taux technique. Les syndicats rejettent catégoriquement ce plan qui, selon eux, péjore les prestations des employés.

Repousser de deux ans l’âge minimum

«En 2013, lors de la réforme de la caisse, on nous a promis que nos rentes allaient être sauvées sur le long terme. A ce moment-là, les fonctionnaires avaient déjà vu leurs retraites baisser car celles-ci sont désormais calculées sur les douze dernières années de travail, contre quatre auparavant.

Voilà qu’en 2017, on nous demande encore de repousser de deux ans l’âge minimum de la retraite», dénonce David Gygax, secrétaire du Syndicat des services publics (SSP). «L’âge terme pour la retraite passerait de 63 à 65 ans et la durée minimum de cotisation pour avoir les plein-droits s’allongerait à 40 ans, contre 38 aujourd’hui.»

Le SSP, le syndicat SUD et la Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF) appellent d’une même voix les fonctionnaires à refuser ces «dégradations» et à se mobiliser lors d’une manifestation unitaire le 23 novembre à Lausanne.

«Les experts qui proposent aujourd’hui de recapitaliser nos prévoyances ne se fondent pas sur la santé réelle de la caisse de pensions mais sur ses prévisions. Or le plan de 2013 n’a pas encore déployé tous ses effets», met en garde David Jeanquartier, secrétaire général de la FSF. «Nous évoluons dans un système qui veut que, tous les cinq ans, nos conditions se dégradent de manière irréversible.»

«Le plan de 2013 est largement tenu»

Le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard entend les revendications des trois faîtières syndicales. «Nous sommes ouverts à l’idée de proposer une autre solution au Grand Conseil», dit-il.

«Lors de la dernière recapitalisation, l’option d’une nouvelle avance par l’Etat avait été écartée, mais il reste une discussion possible sur des contributions des salariés à définir en cas de non-atteinte du taux technique. Il est difficile de comprendre les recommandations de ces experts alors que le plan de 2013 est largement tenu. Le taux de couverture est supérieur aux objectifs fixés en 2013. Nous devons aller vite et déposer notre alternative au Grand Conseil au printemps pour qu’elle puisse être traitée en septembre 2018.»

Les efforts de conciliation ne suffisent pas pour les syndicats. «Le point commun entre ce que proposent le conseil d’administration et le Conseil d’Etat, c’est que ce sont les employés qui paient. Et c’est ce que nous refusons», maintient David Gygax.

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