Valais 

Troisième correction du Rhône: bataille de chiffres entre des élus et l’Etat du Valais

Des députés UDC et PLR affirment que l’Etat du Valais a caché aux citoyens les vrais coûts de la troisième correction du Rhône (R3). L’Etat du Valais déplore une confusion dans les chiffres

Grégory Logean, député et chef de groupe UDC au Grand Conseil valaisan, et Xavier Moret, député PLR, ont convié la presse jeudi matin pour évoquer le financement de la troisième correction du Rhône. Ils ont affirmé que l’Etat du Valais a sciemment retenu la variante la plus chère et gonflé les risques du chantier valaisan du siècle.

Ils remettent en cause la facture globale du projet R3 qui passe de 2 milliards de francs prévus en 2015 à 3,4 milliards aujourd’hui. Une somme qui sera présentée au Grand Conseil la semaine prochaine et plus tard aux Chambres fédérales.

Un montant connu depuis 2008

Aux côtés des deux députés, Jacques Bonvin, ancien chef de projet R3 dans le canton de Vaud, a assuré que le montant de plus de 3 milliards de francs était connu de l’Etat du Valais en 2008 déjà. Selon lui, les mesures proposées dans R3 sont démesurées par rapport aux risques réels et les dégâts potentiels sont exagérés.

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A son poste à l’Etat de Vaud, l’ingénieur et professeur planchait sur un projet R3 «plus modeste, moins cher et réalisable plus rapidement». Il a quitté sa fonction après quelques années, parce que fondamentalement il ne partageait pas la vision de la nécessité d’élargir le Rhône, a indiqué à l’ATS Philippe Hohl, chef de la division eau à la direction générale de l’environnement du canton de Vaud.

Des coûts «cohérents» selon les autorités

L’Etat du Valais réfute toute «explosion des coûts. Dans les différents rapports techniques officiels mis en consultation ou approuvés, les coûts présentés ont toujours été cohérents», insiste-t-il.

Ainsi, en 2008, le plan d’aménagement distribué à toutes les communes et aux députés mentionne un coût des travaux de plus de 2 milliards de francs. Les coûts globaux mentionnés s’élèvent, eux, à plus de 3 milliards de francs et incluent entre autres des frais d’études et des frais divers et imprévus.

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Si l’on ajoute à ce montant total les frais de personnel, d’études et d’accompagnement de mesures agricoles, on atteint les 3,4 milliards soumis au Grand Conseil et aux Chambres fédérales aujourd’hui. Les citoyens n’ont pas été trompés puisqu’en 2015, ils ont voté uniquement sur la création d’un fonds de financement permettant de réaliser une tranche d’un milliard de francs de travaux sur dix ans, indique le canton.

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