Quelques jours seulement après le World Economic Forum (WEF) de Davos, le Conseil d'Etat genevois souhaite rétablir le dialogue. Dans cette optique, il a sollicité le WEF pour organiser une réunion avec la députation genevoise. Il est vrai que Genève abrite le siège de cette organisation non gouvernementale à laquelle il verse 27 000 francs par an. Le gouvernement genevois explique, par le biais de son président, le démocrate-chrétien Carlo Lamprecht, les raisons d'une telle démarche.

Le Temps: Pourquoi vouloir organiser une rencontre entre le World Economic Forum et les chefs de groupe du parlement genevois?

Carlo Lamprecht: Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud. Et vous pouvez l'imaginer, après le Forum de Davos, recréer le dialogue est absolument nécessaire. Le fait qu'en la circonstance les gens ne veulent pas se parler nous interpelle. Il faut tenter de changer cette situation. Cela dit, c'est une première démarche. La réunion permettra peut-être de dégager de nouvelles propositions. Et le fait de l'organiser en cercles restreints devrait permettre de gagner en efficacité.

– Comment évaluez-vous la dernière édition du World Economic Forum?

– Le WEF est un endroit où l'on peut en peu de temps rencontrer de nombreuses personnalités issues des milieux politiques et économiques. Qu'elles soient du Nord ou du Sud. Pour ma part, entre le samedi et le dimanche, j'ai pu rencontrer le président et le vice-président de Bolivie et eu toute une série de contacts très enrichissants. Mais j'ai bien conscience du fait que tout n'est pas parfait. C'est pourquoi il est important de se demander comment on peut faire mieux, comment on peut améliorer les débats. Il est clair qu'il faut que les gens puissent s'exprimer. Dans ce sens, le WEF pourrait s'ouvrir davantage. Mais je crois que les détracteurs du Forum ont également un pas à faire. Je trouverais néanmoins dommage que la Suisse se prive d'un tel lieu de dialogue.

– A l'issue du Forum social mondial de Porto Alegre, deux conseillers administratifs de la Ville de Genève, Manuel Tornare et Christian Ferrazino, ont proposé de mettre sur pied la prochaine édition à Genève. Qu'en pensez-vous? Allez-vous en parler lors de la réunion avec le WEF?

– Pour l'heure, nous n'avons pas évoqué cette question. Mais il est clair que si des propositions concrètes devaient être formulées, pourquoi ne pas organiser un tel forum social. L'essentiel, c'est de réunir des gens, de faire en sorte qu'ils se parlent. Genève est en tout cas un lieu idéal pour ce type de rencontres et pour débattre de questions comme la mondialisation. D'ailleurs, nous avions encouragé la mise sur pied du Forum social Geneva 2000. Alors si Genève peut contribuer à favoriser le dialogue, il le fera.