C’est une nouvelle étape franchie dans la radicalisation du discours de certains opposants à la loi covid. Le Tages-Anzeiger a repéré sur les réseaux sociaux des messages émanant de groupes alémaniques et insinuant que les résultats des votations du 28 novembre seront truqués. Si pour l’instant seuls quelques individus tiennent de tels propos, ces accusations contre l’Etat sont nouvelles dans l’histoire suisse, explique Wolf Linder, politologue de l’Université de Berne et spécialiste des questions de droit électoral, cité par le journal alémanique.

Aucun parti ou mouvement politique important ne remet sérieusement en question la fiabilité des résultats des prochaines votations, rassure Wolf Linder. Il ne faudrait pas accorder trop de poids à ces voix éparses, selon lui. Il concède cependant qu’un ton virulent marque cette campagne: «Il n’y a jamais eu auparavant une méfiance aussi fondamentale à l’égard de l’ensemble de l’Etat en Suisse», souligne-t-il.

Les cas confirmés de votes frauduleux sont rares et concernent des votations locales, rien qui ne justifie une méfiance envers l’Etat, explique le spécialiste. L’origine de ces accusations tient plutôt de la polarisation des opinions durant la pandémie. Il peut exister un effet d’imitation après les allégations, non fondées, de fraude électorale lors des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis par le camp de Donald Trump.

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Une plateforme alternative

Une plateforme en ligne se présente comme une alternative au dépouillement étatique des bulletins de vote. Le domaine a été enregistré il y a une semaine, révèle le Tages-Anzeiger. «Notre démocratie est en danger! Les élections à venir, ainsi que de nombreuses élections précédentes, ont été truquées», est-il écrit. Les électeurs sont invités à télécharger une photo de leur bulletin de vote et de leur carte d’identité, et d’un selfie. Le propriétaire du site internet veut ainsi recenser lui-même les bulletins, par peur qu’ils soient manipulés.

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A l’approche du scrutin, les attaques contre le processus de vote s’intensifient. Il y a quelques jours, les opposants à la loi Covid-19 ont lancé une pétition exigeant un nouveau vote. Le camp du non s’estime être lésé: selon ces derniers la question posée sur le bulletin de vote n’est pas «neutre» et ils auraient obtenu moins d’espace dans la brochure d’information des votations que les partisans de la loi Covid-19. A noter que les arguments du comité référendaire et ceux du Conseil fédéral ainsi que du parlement, qui prônent le oui, tiennent sur deux pages. Les opposants présentent encore d’autres exigences, comme la suppression des recommandations de vote des partis et des associations. Elle avait été jeudi matin signée par quelque 15 000 personnes.