Fait rare et exceptionnel en Suisse, une jeune fille du Val-de-Travers a succombé jeudi dernier à la tuberculose. C'est le premier cas de décès dans notre pays depuis des dizaines d'années. Cette maladie qui touche les poumons est contagieuse et nécessite une prise en charge médicale, mais elle se soigne très bien lorsqu'elle est traitée à temps. Comment se fait-il alors que cette adolescente de 15 ans n'ait pas pu être soignée plus tôt?

«Elle avait une vie tout à fait normale», explique la directrice de la Ligue pulmonaire neuchâteloise, Christine Meyer. «Vu l'état de ses poumons lorsqu'elle est arrivée à l'hôpital, on se demande comment elle a pu continuer à avoir le souffle suffisant pour aller à l'école et faire du sport.» Durant le mois d'octobre, la jeune femme a consulté un médecin pour des symptômes ressemblant à une grippe, mais qui ne permettaient pas d'identifier la tuberculose. Ne voyant pas de signe d'amélioration, elle a été hospitalisée le 8 novembre pour des tests supplémentaires. Le lendemain, le diagnostic est tombé et a été immédiatement annoncé aux autorités.

Maladie «dormante»

La source de la contamination reste inconnue, mais le médecin cantonal Charles-François Robert se veut rassurant: «Rien n'indique que cette jeune femme ait contracté la maladie en Suisse. C'est une situation exceptionnelle chez nous, mais la tuberculose est présente dans beaucoup d'autres pays. Cela nous rappelle malheureusement que nous ne sommes pas sur un îlot isolé du reste du monde.» D'après le médecin cantonal, la jeune femme d'origine africaine aurait pu être contaminée plusieurs années auparavant lorsqu'elle habitait dans son pays d'origine. Il précise: «La tuberculose peut rester sous forme dormante pendant longtemps et ne se réveiller que bien plus tard.»

Entourage contrôlé

Suite à l'annonce du décès de la jeune femme, la ligue pulmonaire a été submergée d'appels de personnes inquiètes: «Beaucoup de gens ont peur de tomber malades parce qu'ils ont été en contact avec la jeune femme, mais on n'attrape pas la tuberculose aussi facilement. Il faut un contact prolongé et dans un endroit confiné pour qu'il y ait un risque», insiste Christine Meyer. Un contrôle d'entourage est actuellement mené par la ligue afin d'identifier les personnes qui auraient pu être contaminées. Environ 35 personnes, dont les enseignants, les camarades d'école et ceux qui faisaient du sport avec l'adolescente, ont déjà été testées. Pour le moment, aucun cas de tuberculose n'a été identifié et les tests vont se poursuivre en fonction des personnes à risque. Une séance d'information pour les parents des camarades d'école de la jeune fille est prévue le lundi prochain à l'école du Val-de-Travers. Le pneumologue de la Ligue pulmonaire neuchâteloise, Jean-Paul Ketterer, sera présent pour répondre aux questions.

Malgré ce triste événement, le nombre de cas de tuberculose en Suisse est en constante diminution ces dernières années. D'après les déclarations à l'Office fédéral de la santé publique, la Suisse compte, en 2007, 459 cas de tuberculose, dont 11 dans le canton de Neuchâtel. Par contre, sur l'ensemble de la planète, cette maladie fait encore des ravages. L'OMS a estimé le nombre de victimes à 1,6 millions en 2005.