«Je ne peux que me rallier aux arguments du Conseil fédéral. Tuer l'espoir d'emblée n'est pas la bonne solution. L'initiative a une guerre de retard: il y a eu un changement dans les pratiques. Ma préférence va donc au nouveau Code pénal, et je n'ai d'ailleurs pas entendu un avis différent dans mon milieu professionnel. Aujourd'hui, l'internement est plus souvent demandé et obtenu. Certaines réticences dans la psychiatrie à poser un pronostic défavorable à long terme sont tombées. La pratique judiciaire a aussi évolué. Sans avoir de statistiques en main, je crois pouvoir dire que le Ministère public vaudois requiert plus souvent l'internement, sans que l'on puisse aller, bien sûr, jusqu'à parler de routine. Je l'ai demandé contre l'agresseur de «Plume» (ndlr: une toxicomane sauvagement battue et violée). Le tribunal de première instance ne l'a pas retenu. Sur recours, la Cour de cassation a prononcé l'internement.»