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Tuerie de Chevaline, étrange coïncidence aux Etats-Unis

Le jour du quadruple meurtre, il y a très exactement deux ans, l’ex-mari d’une des victimes trouvait la mort

Tuerie de Chevaline: une étrange coïncidence venue des Etats-Unis

Haute-Savoie Le jour du quadruple meurtre, il y a très exactement deux ans, l’ex-mari d’une des victimes trouvait la mort

La vingtaine de gendarmes qui travaillent encore sur le quadruple meurtre de Chevaline ont ­découvert «une chose étonnante»: Iqbal al-Hilli, Britannique d’origine irakienne tuée avec son mari, Saad, et sa mère sur un parking forestier de la Combe d’Ire, avait épousé en 1999 un chirurgien-dentiste américain avant de réclamer le divorce la même année.

Thèse officielle: un arrêt cardiaque

Surprise, cet homme, né au Mississippi, est mort le 5 septembre 2012, le jour de la tuerie de Chevaline. «Un décès constaté sur la voie publique, dû officiellement à un arrêt cardiaque, il n’y a pas eu d’autopsie», précise au Temps Eric Maillaud, procureur de la République d’Annecy. L’exhumation du corps a été réclamée il y a un an par les juges d’instruction, avec l’appui du FBI, sans succès. La famille du défunt refuse. «Cet homme a été marié à plusieurs reprises, il a des enfants issus de plusieurs lits, le contexte est compliqué», souligne le procureur. Un des fils du défunt a cependant fait savoir qu’il fallait écarter tout soupçon de conspiration.

Pour Eric Maillaud, il s’agit pour le moment d’une coïncidence: «Un lien entre Chevaline et ce décès sur le continent américain est difficile à établir. Ces deux personnes étaient séparées depuis 12 ans. Apparemment, elles n’étaient pas en contact. Et le fait qu’Iqbal ait caché à sa famille ce premier mariage s’explique par sa confession musulmane. On ne crie pas cela sur tous les toits.»

Aucune piste close

Pour le reste, chacune des pistes qui ont déjà été creusées reste d’actualité. En premier lieu, le règlement de comptes familial autour de la succession du père de Saad al-Hilli. Zaïd, frère ennemi de Saad, voulait mettre la main sur la fortune. Il a été interpellé à Londres puis relâché. Les demandes d’audition en France ont toutes échoué.

L’hypothèse du tueur isolé n’est pas non plus abandonnée. Les gendarmes ont cru cette année l’avoir identifié en la personne d’un ex-policier haut-savoyard, amateur d’armes, dont les traits correspondaient au portrait-robot d’un motard vu sur le lieu du crime. Il a été mis hors de cause.

Sylvain Mollier, le cyclotouriste tué lui aussi par balles à la Combe d’Ire, demeure une victime collatérale. En juin, un ancien légionnaire entendu dans le cadre de l’enquête s’est suicidé parce que son audition l’aurait perturbé. L’homme, âgé de 50 ans, détenteur d’armes, avait été interrogé parce qu’il était en relation avec la famille Mollier.

En tout, 1300 personnes ont été interrogées, et Eric Maillaud souhaiterait que des investigations soient menées jusqu’en Irak. «Mais la situation dans ce pays ne le permet pas.»

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