Tuerie de Chevaline: revirement dans l’enquête

France voisine Un livre relance l’hypothèse d’un règlement de comptes local

Selon le journal le Mirror, la police française serait actuellement en train de revenir en arrière dans le cadre de son enquête sur l’affaire du quadruple meurtre de Chevaline. Pour rappel, le 5 septembre 2012, trois membres de la famille Al-Hilli, des Britanniques d’origine irakienne, en vacances près du lac d’Annecy, étaient sauvagement assassinés au bord d’une petite route forestière. Un cyclotouriste de la région, Sylvain Mollier, était lui aussi atteint mortellement par les balles. Il a été présenté comme victime collatérale de cette exécution.

Le journaliste du Mirror Tom Parry, qui sort ces prochains jours un livre intitulé The Perfect Crime, laisse entendre que ce témoin gênant pourrait être en fait la véritable cible du tueur et les touristes des témoins gênants. Le Mirror, qui cite dans son édition du 23 mai le procureur d’Annecy Eric Maillaud, indique que l’ancien légionnaire Patrice Menegaldo «serait considéré comme un vrai suspect». L’homme, qui s’est suicidé le 3 juin 2014, avait été interrogé comme simple témoin en 2012. Il avait écrit, avant de se donner la mort, qu’il ne supportait plus les soupçons pesant sur lui.

Piste irakienne

Tom Parry écrit dans son ouvrage que l’ancien parachutiste résidant à Ugine (Savoie) connaissait la compagne de Sylvain Mollier. Le journaliste britannique soutient que les relations étaient tendues entre le cycliste et sa belle-famille, sa compagne héritant d’une pharmacie estimée à plus d’un million d’euros. L’auteur juge que l’hypothèse du règlement de comptes local tient la route, d’autant que Sylvain Mollier a été abattu de sept balles dans la tête, «un acharnement incroyable pour une simple victime collatérale». Patrice Menegaldo est décrit comme un militaire endurci, habitué au maniement des armes et en possédant plusieurs déclarées. Il est dépeint également comme isolé et perturbé. L’homme avait les capacités techniques de commettre les crimes ce jour-là, laisse entendre Eric Maillaud dans le livre. Lundi, le procureur a cependant tenu à préciser que le suicide du militaire l’intriguait «mais que cela n’en faisait pas pour autant un suspect».

Un rectificatif donc. Aucun élément tangible n’accuse pour l’instant Patrice Menegaldo. Par ailleurs, son ADN ne se trouvait pas sur la scène de crimes et lors de son interrogatoire, les enquêteurs n’ont rien trouvé à lui reprocher.

Plusieurs autres pistes sont suivies dans cette affaire qui connaît de multiples rebondissements, dont un règlement de comptes entre Saad al-Hilli et son frère Zaïd autour d’un conflit lié à un héritage, la mort «naturelle» aux Etats-Unis du premier époux de la femme de Saad al-Hilli le même jour que la tuerie de Chevaline et l’hypothèse du tueur fou. Les enquêteurs ont émis le souhait de se rendre en Irak afin d’investiguer sur le passé de Saad, mais le manque de sécurité dans ce pays rend pour le moment impossible tout déplacement.