Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, qui publient une photo du tireur vieille de cinq ans avec une barre noire cachant les yeux, le présentent comme un jeune homme sociable, d’un naturel calme et amoureux de la nature, avant que des troubles psychiques ne fassent basculer sa vie et contribuent à sa marginalisation. «Il était un militariste patriote. Mais il n’était pas un guerrier et encore moins violent. Je n’ai jamais eu peur de lui», témoigne un des derniers amis qu’il avait. Devenu capitaine à l’armée en 2003, il est réformé fin 2006, n’ayant pendant trois ans pas effectué un seul jour de service. Une mesure qu’il prend mal, comme la séquestre de ses armes à feu après un séjour à l’hôpital psychiatrique en 2005. Toujours selon cet ami, le tueur se serait plaint que ses proches étaient souvent très durs avec lui. Alors qu’un autre ami souligne: «C’est comme si une partie de son entourage ne comprenait pas qu’il était malade.»

Laborieux registre central des armes

Le SonntagsBlick relève, lui, que le registre central des armes réclamé par les politiciens après le drame de Daillon ne pourra pas être introduit avant 2016 au plus tôt. Sa réalisation est techniquement plus compliquée que prévu, en raison de la complexité des divers systèmes cantonaux, selon la conseillère nationale Chantal Galladé, présidente de la commission de la sécurité.

Le tuteur du tueur sous pression

Sonntag pointe du doigt les autorités de tutelle, qui n’ont pas le temps de vraiment s’occuper de leurs protégés. Un tuteur a en moyenne la responsabilité de 80 à 100 cas, cela fait trois à cinq rencontres par année et ne permet pas de mettre en place un rapport de confiance, selon la secrétaire de la Conférence des cantons en matière de protection des mineurs et des adultes. A Conthey, un employé communal était responsable du tireur de Daillon.

Financement des hôpitaux

La SonntagsZeitung et le MatinDimanche se penchent dans une enquête fouillée sur les «effets pervers» du nouveau système de financement hospitalier en vigueur depuis une année, censé permettre une meilleure comparaison entre les établissements. «Même s’il est trop tôt pour tirer un bilan définitif, un constat s’impose: la concurrence dans le système de santé déplace les incitations. Au lieu de seulement pousser les hôpitaux à réduire les dépenses, elle les pousse à essayer d’encaisser toujours plus.»

Concrètement, les médecins convoquent plus rapidement les patients pour un prochain contrôle ou ordonnent des opérations qui sont particulièrement rentables, comme la pose d’une prothèse des hanches. En Allemagne, pays de référence, ce type d’opération a augmenté de 10% chaque année depuis l’introduction des forfaits par cas. Les hôpitaux s’efforcent également de garder les patients moins de 24 heures, car le traitement est alors considéré comme ambulatoire et est à la charge uniquement des assureurs. Ils n’hésitent pas pour cela à faire revenir plusieurs fois le même patient qui souffre de plusieurs maladies, pour lui prodiguer des traitements séparés.

Autre catégorie de patients particulièrement défavorisés, les prématurés. Les catégories de forfaits sont mal adaptées. Et surtout, une différence d’un gramme à la naissance peut conduire à un changement de pallier de rétribution, avec des dizaines de milliers de francs de différence pour la même durée d’hospitalisation. Il arrive ainsi que l’on recoupe une partie du cordon ombilical ou que l’on sèche particulièrement intensivement un nouveau-né prématuré pour le faire tomber dans la catégorie inférieure.

Les rouges-verts au pouvoir

Le PS et les Verts ont une influence bien plus grande sur la Suisse que le nombre de sièges qu’ils occupent dans les gouvernements et les parlements le laisseraient croire. Le SonntagsBlick publie une étude de l’institut Sotomo de l’université de Zurich. Son responsable, le géographe politologue Michael Hermann, s’est penché sur les 2495 communes du pays et révèle que le PS et les écologistes sont responsables de 32% de toutes les finances publiques communales et de 21% de la population de Suisse. Un résultat qui s’explique par la domination des rouges-verts dans les grandes villes – Genève, Lausanne, Zurich, Berne, Bâle, Winterthour, Bienne – et agglomérations, qui ont, logiquement, des budgets plus importants à gérer. «Les électeurs rouges-verts se concentrent désormais dans les plus grandes villes, alors qu’ils étaient auparavant davantage éparpillés dans toute la Suisse», constate Michael Hermann.

Samih Sawiris sous pression

La NZZ am Sonntag se fait l’écho de critiques croissantes envers l’homme d’affaires égyptien Samih Sawiris. Les investisseurs reprochent au charismatique promoteur de New Andermatt d’avoir changé de stratégie depuis l’entrée en bourse de sa société Orascom et d’atteindre entre-temps un niveau d’endettement de deux tiers des fonds propres. L’action a ainsi chuté de 92% et les pertes pour les neuf premiers mois de 2012 atteignent déjà 59 millions de francs. Les troubles politiques en Egypte découragent les touristes à aller se prélasser sur les plages de son complexe de vacances El Gouna aux bords de la Mer Rouge. Et la vente des appartements de vacances dans la station d’Andermatt stagne en raison des incertitudes dues à l’application de l’initiative Franz Weber.