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Florian B. lors de son arrivée au tribunal. le 27 août 2018.
© Keystone / VALENTIN FLAURAUD

Justice

Le tueur de Daillon irresponsable de ses actes

Florian B. est bel et bien un assassin, mais il ne sera pas reconnu coupable de la tuerie qui a fait trois morts et deux blessés graves en janvier 2013. Sa santé mentale ne le permet pas

Irresponsable. Florian B. a bel et bien tué trois femmes et blessé grièvement deux hommes le 2 janvier 2013 dans le petit hameau de Daillon, en Valais. Mais il ne sera pas reconnu coupable de ses actes. Il est acquitté en raison de sa santé mentale. Les juges du Tribunal de district d’Hérens-Conthey ont suivi le réquisitoire de la procureure Catherine Seppey, en ordonnant un traitement institutionnel pour l’homme qui souffre de schizophrénie paranoïde et en recommandant que ce traitement ait lieu en milieu fermé.

La cour a rendu son verdict ce jeudi, en l’absence de l’accusé. Elle estime donc que Florian B. peut être soigné. «Il n’est pas possible de décréter aujourd’hui que le prévenu est incurable. Les mesures thérapeutiques institutionnelles ne sont pas dénuées de chances de succès», a motivé le président Christophe Pralong lors de la lecture du verdict. La durée du traitement est initialement de cinq ans.

Mais cela ne signifie pas que Florian B. recouvrera la liberté après ce laps de temps. Son cas sera réexaminé et le traitement peut-être prolongé de cinq ans en cinq ans jusqu’à ce qu’il porte ses fruits, sans limite maximale de durée. Si le traitement devait se révéler inefficace, la mesure pourrait alors se transformer en internement.

Lire aussi: Le tueur de Daillon ne se souvient de rien

«Coup dur pour les familles»

Face à la cour, les familles des victimes et leurs avocats restent sans voix. Ils sont abattus. Plus de cinq ans et demi après le drame, l’acquittement du prévenu est vécu comme une injustice. «C’est un coup dur pour les familles», se désole Me Guillaume Grand, avocat de l’un des hommes grièvement blessés dans la fusillade. Son confrère Me Jean-Luc Addor renchérit et parle de «verdict dérisoire». Il estime que «la justice se préoccupe plus des intérêts d’un criminel que de celui des victimes» et qu’il n’y a qu’un seul vainqueur dans cette affaire: l’auteur des faits.

Les victimes qui exigeaient un dédommagement n'ont pas été entendues par la cour. Jugé irresponsable, Florian B. «ne peut se voir reprocher aucune faute», explique le président de la cour lors de la lecture du verdict. Si les victimes veulent être indemnisées pour le décès d’un proche ou les graves blessures qu’elles ont subies, elles devront entamer une procédure civile.

Sur ce point, le tribunal a suivi la plaidoirie de l’avocate de la défense. Pour Me Audrey Wilson-Moret, les conclusions du tribunal sont «logiques». Elle estime que le jugement est «correct», même si elle avoue ne pas pouvoir se réjouir d’un tel verdict.

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