L'homme accusé d'avoir assassiné quatre personnes à Rupperswil, en Argovie, n'est pas réfractaire à un traitement. Une thérapie n'est pas sans espoir, selon un expert appelé mardi à la barre au début du procès.

Les conditions légales pour un internement à vie ne sont donc pas remplies. Pour qu'une telle peine puisse être prononcée, il faut que deux rapports d'experts concluent que le prévenu n'est durablement pas soignable.

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Risque de récidive

Il existe toutefois un important risque de récidive, a déclaré le psychiatre Elmar Habermeyer, de la clinique psychiatrique de l'hôpital universitaire de Zurich. Mais les conditions pour une thérapie ambulatoire ou stationnaire sont remplies.

L'expert recommande d'abord une thérapie ambulatoire en milieu carcérale dans le cadre de l'exécution de la peine. Un traitement stationnaire dans une clinique serait nécessaire avant une libération du prévenu. Le psychiatre estime que l'accusé gardera ses penchants pédophiles toute sa vie.

Le tueur était conscient de ses actes

Du point de vue psychiatrique, l'expert ne voit aucune diminution de la responsabilité du prévenu. Lorsqu'il a commis les crimes qui lui sont reprochés, il était parfaitement conscient de ses actes. Il a mis en œuvre et respecté le plan qu'il avait préparé. Il a agi de manière réfléchie, même lorsqu'un imprévu s'est produit, par exemple quand une voisine est venue sonner à la porte.

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En plus des tendances pédophiles, l'expert a constaté chez le prévenu un trouble narcissique de la personnalité. Il estime aussi qu'il a des tendances sexuelles sadiques et qu'il s'est enfermé dans un monde de fantasmes. Il se présentait comme quelqu'un qui a réussi alors qu'il a systématiquement échoué dans ses études.