Récemment nommé à la tête de l'ATMB, Gilbert Santel va coordonner la fusion entre les différentes sociétés autoroutières alpines. Il annonce le projet de la France: développer le rail à travers les Alpes.

Le Temps: En toute discrétion, les ministres français et italien des Transports ont visité jeudi le tunnel du Mont-Blanc. Exercent-ils des pressions pour que le tunnel rouvre avant les fêtes?

Gilbert Santel: L'ensemble des parties prenantes souhaitent une réouverture rapide aux automobiles. En raison de leur enclavement, les Valdôtains sont les plus pressés. Les essais des équipements menés par les sociétés concessionnaires sont sur le point de se terminer. Lorsque ce sera fait, le Comité de sécurité franco-italien réalisera pendant deux semaines sa propre série d'essais, dont le plus spectaculaire consistera à évacuer 200 personnes. Tant que cette série n'est pas terminée et que les résultats ne sont pas positifs, le tunnel ne rouvrira pas. C'est-à-dire pas avant la première moitié du mois de janvier 2002. Les ministres ont visité le tunnel parce qu'ils voulaient se rendre compte sur place de ce qu'il reste à faire.

– Vous venez d'être nommé président de l'ATMB. Vous occupez déjà ce poste à l'AREA qui gère les autoroutes alpines en Rhône-Alpes et à la SFTRF, concessionnaire du tunnel du Fréjus. Pourquoi ce cumul?

– Cela répond à la nouvelle politique française de transports. Désormais, l'objectif est de favoriser les offres diversifiées dans la traversée des Alpes, avec un effort particulier pour le rail. Au lieu de mettre en concurrence les structures chargées des autoroutes alpines, l'idée est de constituer un seul groupe autoroutier en rapprochant les trois sociétés actuelles. Cela permettra une meilleure coordonnation de leurs activités. En avril 2002, AREA sera la tête du groupe et ATMB et SFTRF ses deux filiales. D'autre part, un établissement public sera créé. Celui-ci récupérera les dividendes revenant à l'Etat français, actionnaire majoritaire des trois sociétés, pour les injecter dans le ferroviaire.

– Les milieux écologistes craignent qu'après la réouverture du tunnel du Mont-Blanc, vous fermiez le Fréjus pour faire des travaux. Ces craintes sont-elles justifiées?

– Après le drame du Mont-Blanc, le gouvernement a exigé d'améliorer la sécurité dans certains tunnels. Au Fréjus, nous devrons mettre en place des abris supplémentaires. Pendant les travaux, la chaussée de 9 mètres sera réduite à 7. Mais il n'y aura pas de restriction de circulation.

– Cela fait trois ans que les travaux de l'A41 entre Saint-Julien-en-Genevois et Annecy ont été stoppés. Vont-ils reprendre?

– La volonté d'un rééquilibrage entre la route et le rail ne remet pas en cause la raison pincipale de l'ATMB qui est la construction d'autoroutes. Nous sommes attentifs au dossier de l'A41. Mais la décision de reprendre les travaux appartient aux pouvoirs publics.