Nucléaire

Les tuyaux de la centrale nucléaire du Bugey sont rouillés

La moitié des pompes de refroidissement du parc nucléaire français seraient défaillantes, dont celles du Bugey, dans l’Ain. Les autorités genevoises sont inquiètes

Nouveau souci pour les centrales nucléaires françaises: une possible défaillance des pompes de refroidissement est à craindre, selon l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN), le gendarme français du nucléaire. L’état des tuyaux de circulation d’eau de 29 réacteurs sur les 58 que compte le parc nucléaire français est jugé dégradé, dont deux installations proches de la Suisse, celle de Fessenheim (Haut-Rhin) et celle du Bugey (Ain), à 70 km à vol d’oiseau de Genève.

«Certains tuyaux sont tellement rouillés que l’épaisseur de leurs parois a diminué et pourraient ne pas résister en cas de séisme ou d’inondation. Ces dégradations sont la conséquence de la corrosion qui a pu se développer en l’absence d’une maintenance préventive adaptée», avertit l’ASN.

«La population en danger»

Voilà qui devrait envenimer un peu plus le climat déjà tendu entre Electricité de France (EDF) et Genève. Le conseiller d’Etat genevois Antonio Hodgers, chargé de l’Energie, estime «que le dernier incident est un élément de plus qui montre que l’industrie nucléaire française est vieillissante et dépassée et que le coût de l’entretien y est si élevé qu’il dépasse le prix de vente du kilowattheure».

«Nous allons continuer à agir légalement pour dénoncer les faiblesses de ces centrales qui, à l’image de celle du Bugey, l’une des plus anciennes de France, mettent les populations en danger», insiste le magistrat écologiste.

Le canton et la Ville ont déjà porté une plainte (classée sans suite) contre le site du Bugey pour mise en danger d’autrui et pollution des eaux. Ils avaient agi dans le cadre de la Constitution cantonale, qui impose de «tout mettre en œuvre pour s’opposer aux velléités nucléaires dans et proches de ses frontières».

Fukushima

Aucun incident n’est encore survenu mais les pompes d’eau froide pourraient cesser de fonctionner faute d’alimentation en électricité, observe l’ASN. Un problème jugé suffisamment grave pour le classer 2 sur 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES), ce qui n’était pas arrivé depuis cinq ans. 

Le problème est que ces tuyaux servent à pomper l’eau des rivières ou de la mer pour refroidir les composants essentiels des réacteurs. Des réservoirs d’eau sont prévus en cas de défaillance temporaire mais si le problème dure, une réaction en chaîne menant à la fusion du combustible nucléaire est à redouter. C’est ce type de défaillance qui avait provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima en mars 2011.

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