Il a voulu servir et disparaître, garder le silence et s’occuper de sa femme malade d’Alzheimer. Mais son épouse est décédée en mars et Hans-Rudolf Merz est désormais plus libre. Dans un entretien à la «Neue Zürcher Zeitung», l’ancien conseiller fédéral PLR revient sur les pires moments de sa carrière politique, son arrêt cardiaque de l’automne 2008 et la crise des otages suisses en Libye.

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L’épisode UBS est le plus intéressant. Le jour de sa crise cardiaque, révèle Hans-Rudolf Merz, il avait appris que la Banque Nationale et la Confédération devraient fournir 60 milliards de francs de garanties pour éviter le naufrage de la plus grande banque suisse. «60 milliards! Trois fois plus que le montant des dettes que nous avions réduites» à la Confédération durant les années où Hans-Rudolf Merz en était le ministre des Finances (2004-2010).

«Cela m’a abattu»

Au moment où cette crise lui tombe dessus, Hans-Rudolf Merz se sent «fit», en bonne santé. Il ajoute: «Selon moi, mon arrêt cardiaque est venu d’un surmenage temporaire à cause du sauvetage d’UBS.» Parce que le montant était si colossal que cela l’a anéanti: «Nous savions bien que l’UBS aurait besoin d’aide et y étions préparés. Mais je n’aurais jamais compté avec cette somme immense [de 60 milliards]! Cela m’a simplement abattu.»

Concernant la Libye, l’ancien ministre des Finances estime juste de s’être engagé pour la libération des otages suisses retenus par le régime libyen. Une rencontre avec Mouammar Kadhafi à New York s’était bien déroulée, mais sans apporter de résultats concrets, parce que «Kadhafi a ensuite fait des difficultés». Passionné de biographies de grands hommes politiques qu’il dévore assidûment, Hans-Rudolf Merz assure qu’il «ne lira en tout cas pas» celle de Kadhafi.

Regrets, aussi, sur l’abandon du secret bancaire que l’Appenzellois avait dû avaler le vendredi 13 [!] mars 2009. Le premier ministre britannique Gordon Brown, avec lequel il s’entendait bien, ainsi que d’autres chefs d’Etat européens l’avaient averti que la Suisse devrait lâcher du lest. Une «ouverture prudente», à l’époque, qui s’est élargie pour devenir aujourd’hui l’échange automatique d’informations, ce qui étonne Hans-Rudolf Merz: «On peut se demander si la Suisse n’a pas cédé trop vite, après tout il existait encore à l’époque des centres offshore. Et ils existent encore aujourd’hui, pensez donc à cette affaire de Panama Papers, simplement, ça ne se passe plus en Suisse.»