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Alice Glauser est la seule parlementaire UDC romande qui accepte que son nom apparaisse dans une liste de personnalités opposées à No Billag. 
© LUKAS LEHMANN/KEYSTONE

Redevance

Les UDC romands sont pris au piège de «No Billag»

Plusieurs élus du parti ont voté contre l’initiative populaire au parlement. Mais seule la Vaudoise Alice Glauser met son nom à disposition pour la combattre

L’initiative «No Billag» met les UDC romands et tessinois dans l’embarras. Au parlement, sept des seize membres latins du groupe parlementaire UDC – Lega, MCG et le Haut-Valaisan Franz Ruppen inclus – ont voté contre ce texte, six se sont abstenus et seuls trois l’ont soutenu. Ces trois partisans de la suppression de la redevance sont la vice-présidente du parti Céline Amaudruz, le président de l’USAM Jean-François Rime et le léguiste Lorenzo Quadri. L’UDC suisse arrêtera sa recommandation de vote le 27 janvier à Genève. Le suspense n’est pas bien grand: le parti votera massivement en faveur de l’initiative.

Des réponses prudentes, c'est peu dire

Dans ce méga-concert anti-SSR, les minoritaires romands tenteront-ils de faire entendre leur voix? Feront-ils comme leurs trois collègues alémaniques Roland Eberle (TG), Alex Kuprecht (SZ) et Jürg Stahl (ZH), qui font partie du comité national opposé à l’initiative, entré en campagne mardi? Le Temps leur a posé la question. Les réponses sont prudentes, et c’est une litote.

Lire aussi: Le mirage du plan B

Seule la Vaudoise Alice Glauser accepte de voir son nom figurer sur la liste des personnalités qui soutiennent le comité romand Non à No Billag, présidé par Laurent Wehrli (PLR). «Notre région a besoin d’avoir des médias d’ici et des gens d’ici pour diffuser les informations d’ici. Je suis donc d’accord que mon nom figure sur cette liste. Mais je ne m’engagerai pas activement car je ne souhaite pas me mettre en porte-à-faux avec le parti», explique-t-elle.

Cette initiative est excessive. Mais, par loyauté, je ne fais pas campagne

Jacques Nicolet, conseiller national (UDC/VD)

L’échec du contre-projet

Ses collègues Jean-Pierre Grin et Jacques Nicolet sont moins hardis. La section vaudoise de l’UDC ayant décidé de dire oui à «No Billag», ils se tiendront cois. «J’explique lors de conversations entre amis que l’initiative a des conséquences graves pour la SSR, mais j’ai décidé de ne pas m’engager», argumente le premier nommé. «Cette initiative est excessive. Mais, par loyauté, je ne fais pas campagne», déclare le second.

La plupart des UDC romands étaient favorables à un contre-projet qui demandait une redevance limitée à 200 francs par an, soit moins de la moitié des 451 francs actuels. Mais cette contre-proposition n’a pas trouvé de majorité. Ils doivent donc dire oui ou non au maintien de la redevance radio-TV, en sachant que, si elle survit, elle sera abaissée à 365 francs et perçue par une nouvelle société, Serafe.

Redevance régionale?

En Valais, les sections du Haut et du Bas devraient prochainement décider de soutenir l’initiative populaire. Si cela se confirme, les conseillers nationaux Franz Ruppen et Jean-Luc Addor, qui font partie des minoritaires, resteront dans l’ombre. «Sans leur part de la redevance, Canal 9, Radio Rhône ou Radio Rottu ne peuvent pas exister. Comme je suis président de la section du Haut-Valais, je ne pourrai pas faire campagne contre mon parti régional ni contre le parti suisse», explique l’avocat de Naters.

Lire également: Face à «No Billag», les cantons périphériques se mobilisent

«L’initiative entraînerait la concentration des médias au détriment des régions périphériques. Seuls les habitants des grandes agglomérations seraient gagnants. Et les programmes non rentables, comme les émissions religieuses, seraient menacés», enchaîne son collègue de Savièse Jean-Luc Addor. Le Fribourgeois Pierre-André Page dit lui aussi rester en retrait «par respect envers la grande majorité de mon parti, même si je suis convaincu que «No Billag» est une erreur pour la Suisse romande».

Représentant du Jura bernois, Manfred Bühler a choisi le camp de l’abstention. «J’étais aussi pour le contre-projet à 200 francs. Comme il a échoué, j’ai le choix entre la peste et le choléra. L’initiative va trop loin, mais la SSR s’est trop développée au détriment des acteurs privés», argumente-t-il pour justifier son indécision. «No Billag» n'ôtera-t-elle pas des ressources essentielles aux radios et télévisions privées de l’Arc jurassien? «Ce serait en effet un problème. Mais je suis convaincu qu’il y aurait une forte mobilisation politique et citoyenne pour que les cantons prennent le relais, par exemple sous la forme d’une redevance régionale de 20 francs par ménage», affirme-t-il, en reconnaissant qu’aucun plan de ce genre n’existe pour l’instant.


Retrouvez tous nos articles sur la campagne No Billag.

Dossier
La controverse «No Billag»

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