Exprimant son «avis personnel», le président de la Confédération Moritz Leuenberger affirme qu'il faut s'en tenir à ce que le Conseil fédéral a dit avant la votation sur l'initiative «Oui à l'Europe!»: «On ne doit pas interpréter le vote de dimanche dans un sens ou dans un autre», a-t-il déclaré jeudi au Temps, «le Conseil fédéral décidera après les élections de 2003 de la relance ou non du processus d'adhésion: je pense qu'il est possible d'ouvrir les négociations en vue de l'adhésion en 2004. Qui dit que les négociations ne seront pas favorables à la Suisse? On ne peut préjuger de rien en la matière. Négocier ne signifie pas adhérer. Il est important de connaître le résultat des négociations pour se prononcer en connaissance de cause sur l'adhésion. Si les négociations nous sont favorables, alors les Suisses changeront peut-être d'avis sur l'Europe. Mais il est vrai qu'un processus de négociations n'est pas chose facile. Les discussions avec Bruxelles qui ont mené aux accords bilatéraux l'ont montré.» Moritz Leuenberger prend position après que Joseph Deiss eut indiqué, mercredi, que le non massif sorti dimanche des urnes impliquait un changement dans le calendrier établi par le Conseil fédéral. Selon le ministre des Affaires étrangères, la décision d'ouvrir ou non des négociations pourrait ne pas être prise, comme annoncé dans le rapport de politique extérieure, dans le courant de la prochaine législature (entre 2004 et 2007), mais plus tard seulement.

Différences

En début de semaine, dans un débat à la télévision tessinoise, Kaspar Villiger a défendu un point de vue similaire. Dans la presse alémanique, Samuel Schmid s'est prononcé mardi pour un calendrier encore différent: d'abord attendre le référendum facultatif sur la libre circulation des personnes, sept ans après l'entrée en vigueur des accords bilatéraux, puis décider de l'opportunité d'ouvrir des négociations. Lors de sa séance hebdomadaire qui se tiendra aujourd'hui, les membres du Conseil fédéral devraient essayer d'accorder leurs violons pour présenter un point de vue collégial sur cette question du calendrier de l'intégration européenne de la Suisse.

A. M./M. C.