Le ministre de la défense Ueli Maurer n’envisage pas de moderniser les 30 F-5 Tiger après le refus d’acquérir les 22 avions suédois Gripen. Trop cher pour des prestations insuffisantes. Même le maintien d’une petite flotte de Tiger pour la Patrouille suisse ne le convainc pas.

Répondant à deux interpellations au Conseil des Etats, Ueli Maurer admet qu’une modernisation serait possible sur le plan technique, selon une étude de l’entreprise Ruag. Une remise à niveau uniquement pour assurer le service de police aérienne et ainsi décharger les F/A 18 reviendrait à quelque 900 millions pour des vols de jour ou à vue, voire à 1,2 milliard si l’on veut y ajouter la mission de défense aérienne.

«Mais cela restera des avions de 30 ans dont la cellule vieillit et s’affaiblit», a estimé le ministre, ajoutant qu’il faudrait de toute manière six à huit ans pour effectuer la remise à niveau. Doit-on mettre autant d’argent dans des avions qui de toute manière ne permettront jamais de remplir toutes les missions attendues des Forces aériennes? S’agissant de la surveillance 24 heures sur 24, Ueli Maurer rappelle que le problème n’est pas le nombre d’avions, mais le manque de pilotes formés.

La Suisse a toujours besoin de nouveaux avions

S’agissant de la Patrouille suisse, qui devrait voler sur F/A-18, l’utilisation des Tiger sans travaux de modernisation reste possible, admet Ueli Maurer. Mais les coûts d’entretien pour une flotte réduite seraient disproportionnés. Par contre, le ministre promet de fournir tous les éléments sur les coûts et possibilités d’une modernisation des F-5 Tiger dans le message à venir sur leur mise hors service. Mais il ne proposera pas un programme de rénovation.

Pour l’avenir, le ministre a réaffirmé que la Suisse a toujours besoin de nouveaux avions pour la défense aérienne, même si la police de l’air peut-être assurée par les 32 avions de combat F/A-18. Mais avant de relancer un programme d’évaluation et d’acquisition, la priorité reste le redéploiement de l’armée et l’achat de nouveaux systèmes de défense aérienne. Il envisage toujours l’acquisition de nouveaux avions de combat pour remplacer progressivement les F/A-18 aux environs de 2025.