Les JO d’hiver 2022 sont encore très loin des Grisons, mais le ministre des Sports, Ueli Maurer, a déjà la flamme. «Il ne s’agit pas des Jeux olympiques pour les Grisons, mais des JO pour toute la Suisse», s’est enthousiasmé mercredi le conseiller fédéral en annonçant le soutien du gouvernement et une promesse de 30 millions de francs au comité d’organisation pour finaliser son dossier de candidature. Une telle chaleur chez Ueli Maurer qu’un commentateur de la télévision alémanique l’a comparée à l’enthousiasme communicatif de son prédécesseur Adolf Ogi lors de la candidature de Sion. «Je suis un fan de sport… Je suis aussi un fan d’Adolf Ogi», a acquiescé le ministre, décidément de très bonne humeur.

Pourtant, rappelle Ueli Maurer, «s’il ne s’était agi que d’organiser une manifestation sportive, le Conseil fédéral ne serait peut-être pas entré en matière. Mais la Suisse veut prouver au monde ce qu’un petit pays, qui refuse le gigantisme des derniers Jeux d’hiver, est capable de réaliser.»

La presse des Grisons se félicite bien sûr que le Conseil fédéral annonce déjà son soutien à ce grand événement et soit à même d’assurer qu’il prendra en charge une partie du déficit, jusqu’à 1 milliard de francs, sur un budget de 2,8 milliards. On est loin des 44 milliards de dollars évoqués pour Sotchi.

Votation le 3 mars

C’est une reconnaissance au projet de l’équipe dirigée par Gian Gilli, qui vise au retour à des «jeux blancs», loin du gigantisme, en profitant des installations sportives déjà existantes à Davos et à Saint-Moritz. Mais, prévient la Südost­schweiz, «le Comité international olympique n’a montré jusqu’ici aucun signe d’un changement de mentalité. L’investissement durable et la responsabilité sociale pèsent moins que les comptes en banque. Des Jeux réduits amèneront moins d’argent dans les caisses du CIO et des associations nationales.»

Il reste d’abord à convaincre la population des Grisons, qui votera le 3 mars prochain, rappelle la Bündner Zeitung. Or les Grisons ont déjà dit non deux fois. Et l’issue reste incertaine. Pour beaucoup, la région n’a pas besoin des JO pour développer son tourisme.